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    <title><![CDATA[Lire, Ecrire, En Parler : le blog de Patrick FORT (La côtelette et autres anecdotes)]]></title>
    <link>http://www.patdebigorre.org/categorie-10431506.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;La côtelette et autres anecdotes&quot; du blog &quot;Lire, Ecrire, En Parler : le blog de Patrick FORT&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Lire, Ecrire, En Parler : le blog de Patrick FORT (La côtelette et autres anecdotes)]]></title>
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    <pubDate>Sat, 21 Jan 2012 03:21:18 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Sat, 21 Jan 2012 03:21:18 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.patdebigorre.org</copyright>            <category>La côtelette et autres anecdotes</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[III. Savoir creuser sa tombe (La côtelette et autres anecdotes)]]></title>
        <link>http://www.patdebigorre.org/article-19803912.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <div style="text-align: center;">
      <b><span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">III. SAVOIR CREUSER SA TOMBE</span></b><br>
    </div><img src="http://idata.over-blog.com/1/36/38/56//image0.jpg" class="CtreTexte" height="264" width="195"><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">« La der des ders », il ne l’évoquait jamais.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Comment décrire cette boucherie sans nom, ces massacres inutiles, cette peur de mourir vrillée au corps et qui ne vous quitte jamais ?
    Même après, elle hante votre sommeil et peuple vos nuits.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Les mots n’auraient pas suffi à en restituer l’horreur absolue et se seraient confrontés à cette difficulté de dire.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Je l’imagine les pieds pataugeant dans la boue engorgée de sang des tranchées. La nuit est tombée. Il attend de partir à l’assaut, ferme
    les yeux peut-être, pense à sa femme. Puis il s’élance, évitant la morsure des balles qui défigurent l’obscurité. La baïonnette pour contrer la mitraille, les camarades qui tombent à côté de lui,
    fauchés dans la fleur de l’âge. Et quand tout est fini, que l’objectif ait été atteint ou pas, ce pourquoi « moi » et pas « eux » qui vous lamine, vite chassé par cette soif de
    survivre.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Juste savoir fermer sa gueule et savoir creuser sa tombe.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">14-18, il l’a faite en entier et même au-delà puisqu’il n’aura été démobilisé qu’en 1920, après la campagne d’Algérie, à Batna et Biskra.
    Lui qui n’avait jamais beaucoup voyagé disait souvent qu'il aurait aimé repartir dans ce pays car il le trouvait très beau.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Bataille de la Somme, Verdun, le Chemin des Dames et autres tragédies aux résonances lugubres, pourvoyeuses de morts et de charniers à
    perte de vue. Lui, qui ne mesurait pas plus d’un mètre soixante-cinq, y a survécu en crachant sa rage de vivre à la face de la Mort.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Chez mon oncle Maurice, dans le salon, est accroché au mur un cadre qui renferme un document précieux. De simples mots, écrits à la plume
    Sergent Major, dans un langage militaire qui ne s’embarrasse pas de phrases inutiles. L’encre a un peu passé mais l’essentiel est toujours lisible sur ce papier jauni. C’est une citation pour un
    comportement héroïque au combat.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">« Juillet 1916.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Verdun.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Il a en mémoire la vaine tentative ordonnée par Nivelle pour reprendre le fort de Vaux tombé aux mains des allemands. Même son état-major
    est en désaccord avec lui. Mais Nivelle n’a que faire des vies humaines et s’obstine dans cette attaque. Généralissime et commandant en chef des armées françaises, il a tous les droits et ne
    supporte pas d’être contredit.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Jean-Marie Fort fera partie des 17 survivants sur 160 qui reviendront.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Sa compagnie s’apprête à nouveau à partir pour une énième attaque inutile.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Pris par le feu nourri de l’ennemi, l’officier leur ordonne de creuser chacun un trou individuel et d’y rester en attendant les renforts.
    Savoir creuser sa propre tombe. Encore et encore.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Mon arrière-grand-père, maçon, n’a pas de difficultés majeures et exécute cette tache en peu de temps. La violence de la mitraille
    redouble. Serrant son fusil, terré dans cet abri de fortune, il aperçoit le capitaine qui, peu habitué à manier la pelle, s’échine à creuser. Il sort, le rejoint et achève de lui creuser son
    trou. Quelques minutes et Le capitaine le remercie et lui jure qu’il s’en souviendra, lui promet une citation. Je ne sais le nom de ce capitaine mais il tiendra sa parole. Je ne crois pas que
    c’était pour mon arrière-grand-père un défi. Juste ce sens inné qu’il avait d’aider les autres. Officier ou fantassin. »</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Les médailles, il s’en foutait. Elles ne valaient pas grand chose. Et surtout, elles ne rachèteraient jamais le prix de ce carnage, de
    ces millions de vies sacrifiées.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">La seule qu’il aurait aimée avoir était la Médaille Militaire. Il en aurait été fier.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Ces cons de politiciens ont attendu le dernier moment pour la lui décerner.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Ils devaient la lui remettre le 11 novembre 1981, 61 ans après sa démobilisation.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Il ne l’a jamais su.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Il est mort un mois avant.</span><br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 22 May 2008 21:24:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">07db6847abcbadfbd715a57e0813f715</guid>
                <category>La côtelette et autres anecdotes</category>        <comments>http://www.patdebigorre.org/article-19803912-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[II. Le cabanon (La côtelette et autres anecdotes)]]></title>
        <link>http://www.patdebigorre.org/article-19617542.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: center;">
    <span style="font-family: book antiqua;"><b><span style="font-size: 14pt;">LA CÔTELETTE ET AUTRES ANECDOTES</span></b></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">II. LE CABANON</span><br>
  </div><img src="http://idata.over-blog.com/1/36/38/56//p-p--chat.jpg" class="CtreTexte" height="382" width="271"><br>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Je ne dévoilerais rien d’irrévérencieux, ne ternirais pas sa mémoire, ne serais pas traduit en conseil de famille si je vous révèle le
    secret suivant : mon arrière grand père appréciait d’être tranquille et loin des autres lorsqu’il satisfaisait à un besoin naturel.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Aussi, maçon ingénieux, il s’était construit « son » chalet de nécessité, au fonds du jardin, à l’arrière de ce qu’il appelait « son
    cabanon ». Ce cabanon n’en était pas vraiment un. Il courrait le long du mur sur une dizaine de mètres et servait de dortoir à ses dix sept chats. Il y entreposait un nombre incroyable d’objets
    divers et aurait pu installer un vide-grenier devant sa maison.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Un trou dans la terre meuble creusé en deux temps trois mouvements, une chape de ciment, une lunette posée dessus et le palace lui
    ouvrait ses portes. Il avait installé un loquet. Au cas où.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Lorsqu’il s’y rendait, il y restait longtemps. Y lisant son journal peut-être, y méditant assurément. J’ai une idée sur ce qu’il pouvait
    y faire mais n’ai aucune explication rationnelle quant à la longueur du temps qu’il y passait. Lorsqu’on le cherchait, on avait de grandes chances de le trouver dans son cabanon.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Dans les Hautes-Pyrénées, les tremblements de terre sont fréquents. Les entrailles de la montagne nous envoient peut-être un signal pour
    nous reprocher la grande application que nous mettons à détruire la nature. Mais ce n’est que mon avis et les géologues vous l’expliqueront mieux et plus objectivement que moi.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">A la fin des années soixante-dix, un séisme particulièrement violent eut lieu. 6,5 sur l’échelle de Richter. Peu de dégâts mais très
    impressionnant.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Mon oncle Maurice, habitant à côté de la maison de mes arrières grands-parents s’était précipité à l’extérieur pour s’enquérir d’eux et
    vérifier que tout allait bien.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Ma mémé le rassura mais fut incapable de lui dire où se trouvait mon pépé. Et voilà Maurice parcourant le jardin, appelant Jean-Marie,
    imaginant qu’il lui était arrivé quelque chose, s’inquiétant d’un malaise ou d’une chute. Craignant le pire.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">« Pépé ! Pépé ! Pépé ! »</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Aucune réponse.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">« Pépé ! Pépé ! Pépé ! »</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Rien.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Maurice commence à s’affoler lorsqu’une voix lui répond :</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">« Je suis là !</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Où ?</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au « cabanon ».</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ça va ?</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">-&nbsp;&nbsp;&nbsp; NON !!!</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu’est ce qu’il t’arrive ?</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">-&nbsp;&nbsp;&nbsp; UN ESPRIT FRAPPEUR VIENT DE ME SECOUER LE CHIOTTE !</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Les géologues vous donneront une explication plus scientifique. Ils sont payés pour ça.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Ils vous diront par exemple qu’« un tremblement de terre, ou séisme, résulte de la libération brusque d'énergie accumulée par les
    déplacements et les frictions des différentes plaques de la croûte terrestre (phénomènes regroupés sous le nom de tectonique des plaques) ». Mais lorsque l’on vous demandera de dire à votre tour
    ce qu’est un tremblement de terre, même si vous connaissez la réponse car vous l’avez lue ou entendue avant, vous n’arriverez pas à vous souvenir de tout.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua; font-size: 12pt;">Aussi, je préfère largement l’explication de mon pépé.</span><br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 16 May 2008 17:58:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">906bb0f4e2cb78439e1e9a0267f7101e</guid>
                <category>La côtelette et autres anecdotes</category>        <comments>http://www.patdebigorre.org/article-19617542-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[I. La côtelette (La côtelette et autres anecdotes)]]></title>
        <link>http://www.patdebigorre.org/article-19614220.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 12pt;"><b><span style="font-family: Book Antiqua;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 14pt;">LA CÔTELETTE ET AUTRES
    ANECDOTES</span></span><br>
    <br>
    <img src="http://idata.over-blog.com/1/36/38/56//p-p--et-m-m-.JPG" class="CtreTexte" height="319" width="419"><br>
    <br>
    I. LA CÔTELETTE<br style="font-family: Book Antiqua;"></span></b></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify; font-family: Book Antiqua;">
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;">Jean-Marie Fort, mon « pépé », avait un don de radiesthésiste.<br>
    C’était un as du pendule qu’il interrogeait religieusement, toujours dans un silence de cathédrale. Nous suivions alors dans un grand recueillement les oscillations de cet objet mystérieux, ces
    mouvements de droite à gauche qui interrogeaient des forces obscures.<br>
    Il fermait les yeux, communiquait avec les esprits, invoquait en silence les puissances inconnues des profanes. Le moindre bruit était proscrit et ne devait en aucun cas venir troubler le bon
    déroulement du rituel. Sous peine d’expulsion illico presto de la pièce et bannissement ad vitam aeternam de l’antre sacré.<br>
    Assis, légèrement voûté, il analyse et interprète les signes. Je revois ses yeux mi-clos derrière les verres épais de ses lunettes et ses fines lèvres desquelles ne filtrent&nbsp; que des
    murmures. Sa main transmet les « vibrations énergétiques » et libère les « forces inconscientes ». Elles passent par la chaîne tenue fermement entre son pouce et son index. Les ondes magnétiques
    se diffusent alors dans le pendule en laiton et en cuivre. Les secrets finissent par ne plus en être et sont révélés avec une ardente ferveur.<br>
    Il arrivait à diagnostiquer et à enlever le « mal ». Il conseillait sur la conduite à tenir pour surmonter les épreuves. Il apportait des clés utiles pour résoudre les difficultés de la vie. La
    plupart du temps, il s’appuyait sur une simple photo qu’il soumettait au pendule. Et il ne demandait jamais rien en échange. Juste des prières.<br>
    J’ai souvent entendu parler d’un fait d’arme à l’aura magique, d’un acte mystérieux qu’il avait accompli au faîte de sa gloire. Il a inscrit son don à jamais dans la légende propre à toute
    famille.<br>
    Pour démontrer qu’il n’était pas un charlatan, il avait magnétisé une côtelette de porc. Le support, servant à démontrer au plus grand nombre l’étendu de son pouvoir, était pour le moins
    original. Il aurait pu exercer son talent sur un chien, un chat, un lapin ou un objet quelconque mais non, lui il avait choisi une côtelette de porc. Les curieux assemblés autour de lui devaient
    sourire à la vue de cet original, qui les mains au dessus de ce qui aurait du remplir son estomac, invoquait à voix basse les forces telluriques pour envoûter ce simple morceau de viande.<br>
    La côtelette était restée posée sur le rebord de la fenêtre, en plein soleil, une semaine durant. Interdiction à quiconque de s’en approcher sous peine de malédiction jetée sur plusieurs
    générations. Il montait la garde et veillait au bon déroulement des opérations.<br>
    Mystère inexplicable, elle était restée intacte, n’avait pas pourri et même les mouches n’avaient osé s’en approcher. Elle semblait sortir directement de l’étal du charcutier, le papier dans
    lequel elle avait été enveloppée ne devant pas se trouver bien loin. Sauf qu’elle avait quand même un peu durci et n’était pas consommable. Ou du moins, je ne m’y serais pas hasardé.<br>
    Certains esprits chagrins y chercheront une explication rationnelle, voudront y aller de leur théorie scientifique.<br>
    Je les remercie de les garder pour eux.<br>
    Ils risqueraient d’écorner l’image de mon arrière-grand père et ne me convaincront jamais qu’il est possible de toujours tout expliquer.</span><br>
  </div>

  ]]></description>
        <pubDate>Fri, 16 May 2008 16:04:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9d387224244dea5a56e18c431ef1e0d3</guid>
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