Lire, Ecrire, En Parler : le blog de Patrick FORT

L'ECRITURE FACE A L'ANONYMAT DES LECTEURS

L’anonymat sur Internet est inhérent à la navigation de tout internaute. Il est au centre des milliers d’informations auxquelles il a accès quotidiennement d’un simple clic de souris.
Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui s’arrêtent sur un site et repartent sans laisser de traces de leur passage.
Ils butinent, explorent, survolent, passent et puis s’en vont.
Parce qu’ils n’ont pas le temps ; parce qu’ils ne savent pas quoi écrire ; parce qu’ils n’ont pas trouvé ce qu’ils cherchaient (ah les moteurs de recherche !) ; parce qu’ils consomment et que repus ils passent à autre chose.
Comment trouver sa place sur l’immense « toile » infinie lorsque l’on écrit, l’on peint, l’on crée ?
Comment  interpréter et s’accommoder des silences des visiteurs ?
Ce problème de l’anonymat, si tenté que cela en soit un, interpellera je pense ceux qui comme moi ont décidé de créer un blog pour diffuser leurs textes, leurs créations , partager leur passion. Et de porter leur « travail » à la critique des lecteurs bienveillants ou pas.

Les outils statistiques existent pour évaluer et analyser la fréquentation : la provenance, les pages vues, le temps passé, etc. Je m’en sers par curiosité tout en relativisant les enseignements que l’on peut en tirer. Ce ne sont après tout que des chiffres et les interprétations qu’ils suscitent ne seront toujours que foncièrement subjectives. Mon Blog Rank (1) est passé de 65 à 58. Oui et alors : est-ce si important ?
Le nombre d’abonnés à mon blog et aux articles que je mets en ligne me semble plus significatif. Non pour gonfler mon ego mais seulement pour savoir si ce que j’écris est apprécié, l'évaluer. Tout en sachant que j’écris avant tout pour moi, sur des sujets qui me tiennent à cœur et que je n’adapte pas mon écriture aux attentes des lectrices et des lecteurs. L’écriture se nourrit de cette contradiction : on écrit pour soi mais on n’est rien si on ne vous lit pas. Le tout est de ne pas sacrifier l’un à l’autre, de rester cohérent et de ne pas se prendre pour ce que l’on est pas.
Si les deux se rejoignent tant mieux. Si c’est le contraire, mon humeur ne s’en trouvera pas modifiée.

Je suis juste parfois frustré d’être lu et ne pas savoir ce que l’on en a pensé. Même si je sais que cela n'est pas très important en soi, qu'il faut "relativiser".
Si mes statistiques m’indiquent que mon dernier texte a été consulté 30 fois et que aucun commentaire n’a été laissé, je m’interroge quant à sa qualité.
Non pour le plaisir de recevoir des fleurs ou pour le déplaisir de subir des critiques.
Juste pour me rassurer.
Non pour connaître le succès (soyons sérieux), être repéré par un éditeur (quelle idée saugrenue !) ou parce que je me prends pour le centre du monde.
Juste pour atténuer mes doutes.
Car toute création se nourrit d’incertitudes, de transpiration et de labeur.
L’anonymat des lecteurs les alimentent parfois. Bien malgré lui.
Mais comme je connais la majorité de celles et ceux qui me lisent, alors dans le fonds, ce n’est pas très important.
C'est un faux problème.
Non ?

(1) Qu’est ce que le Blog Rank ?

PS : MERCI AUX FIDELES QUI ME LISENT.
" Su silencio vale todas las palabras del mundo"
NUL BESOIN DE LES NOMMER POUR QU'ILS SE RECONNAISSENT (RIRES !!!)


Ven 14 mar 2008 10 commentaires

oui , je peux comprendre cela.
Ceci dit laissant assez souvent des commentaires , je ne me sens pas vraiment concerné.
Il est vrai aussi que nous avons une relation plutôt privilégiée  ceci explique cela..
Euh au risque de me répéter  , peux tu me , nous ravir en nous offrant la suite de travailler fatigue.
Au plaisir de te lire encore et encore..

laurent villeneuve - le 14/08/2008 à 16h12
Je pense aussi que l'anonymat est frustrant d'autant plus quand on tient un blog. Je me remet souvent en question quant à la qualité de mes articles, si ils sont pertinents, intéressants, etc. Mais ça fait partie du jeu, Internet est par définition anonyme, on ne saura jamais vraiment qui nous lit, sauf à travers les commentaires. Je pense tout de même que le livre et  l'écriture sont des domaines très spécifiques, qui hélas n'intéressent pas tout le monde et il est dur de se constituer des lecteurs réguliers. Pour ma part, je souhaiterais vraiment avoir des lecteurs quotidiens qui formeraient une communauté. En tout cas, pour te rassurer, tes textes sont un vrai plaisir à lire!
Val - le 14/08/2008 à 16h31
cher Patrick, lire et ne rien dire, je sais par non-expérience (!), mon but étant de faire lire ce que j'écris aux réels intéressés (il faudrait parler de l'universalité de l'écrit, j'aime insensément "le ravissement de Lol V. Stein" par exemple) ou aux survoleurs qui auront pu se tromper d'adresse, que le blog est avant tout curiosité, je suis la première à me ruer sur un blog qu'on me signale et à en être "déçue" après lecture...
Il faut du temps et du temps pour découvrir non pas le blog qui décevra mais celui qui alertera, parfois on est sans mot de commentaire, on attend tapi... Parfois on a des exclamations, et sans doute a-t-on des fidélités, et puis le temps des vacances où un micro n'est pas à portée et où on lit sur feuilles et couverture et où on se dit, dans quelques jours j'irai voir lire ce que devient Patrick Fort, a-t-il passé de bonnes vacances ? je n'ai aucune vacance cet été, mais je continue à rêver, j'ai fait ma grasse matinée.
"une fidèle" comme tu dis si anonymement !
Emmanuelle Grangé (légèrement agacée !)
emmanuelle grangéemmanuelle grangé - le 14/08/2008 à 16h37
le silence se cache parfois derrière l'anpnymat, et il est parfois préférable. il prime pêle-mêle la flagornerie, le commentaire à côté de la plaque... amitiés.
Hervé PIZON - le 14/08/2008 à 17h12
Mea culpa je fais partit de ceux qui passent et lisent sans forcément laisser de commentaire .. non pas que je n'apprecie pas mais je ne prend pas forcément le tps ou je ne trouve pas qq chose d'interressant a dire .. mais je comprend que se soit frustrant alors je vais essayer de faire un effort ;o) ..
bises Pat ..
Nanouche - le 14/08/2008 à 22h23
Bonjour Pat,
   La logique semble vouloir dire que si le lecteur n'est pas satisfait, il ne laisse aucune trace de son passage. Il est vrai que les commentaires rassurent le créateur, car le plus souvent, les critiques sont positives (pour ne pas dire tout le temps).
   Les causes d'un manque ou d'une chute de traces ou de visites sont diverses:
   - périodes de vacances (non négligeable).
   - Manque de temps ( surtout pour des visiteurs qui ne sont pas forcément doués pour écrire ).
   - La peur de se répéter...etc.
  Il m'est arrivé de commencer un commentaire sans le finir, ne trouvant pas les mots pour m'exprimer ( hé oui..! je ne possède pas ton talent ! ).
  Je lis d'ailleurs au sujet du B.R. ( dont tu nous signales la signification et dont je te remercie ), que la stabilité de ce dernier ( à quelques points près ), signifie que votre blog est de qualité.
  Je pense que tu te trouves dans cette configuration.
  Je continuerai à venir te lire, non pas pour te rassurer, mais pour mon plaisir.
  Amitié.
  dédé.
ddlaplume - le 15/08/2008 à 07h40
En même temps, ce n'est pas un problème purement lié au Net. Lorsque l'on écrit et que l'on est publié en magazine ou en recueil, il est également très difficile d'avoir des retours de lecteurs.
Et même lors d'une publication où l'on est "seul" responsable des ventes, les achats peuvent être comparés à des visites et personne ne viendra laisser de commentaires nulle part, qu'il soit satisfait ou pas.
D'ailleurs, est-ce bien utile ?
Il est rare qu'un parfait inconnu très doué prenne le temps de donner quelques conseils avisés à un auteur dont la prose n'est pas satisfaisante. Et à l'inverse, lorsque "conseils" il y a, ils sont souvent basés sur des histoires de goût plus que sur une technique d'écriture.
Je crois, mais ça n'engage que moi, qu'il faut écrire pour se satisfaire (en étant un minimum exigeant évidemment) d'abord soi-même. Si nos plats plaisent aux autres, ils s'inviteront à notre table, alléchés par l'odeur. Et s'ils fuient, il est toujours possible de se consoler en se disant qu'il est préférable de présenter des mets trop épicés plutôt que trop fades. Surtout sur le Net ou l'aspect économique est absent et permet d'expérimenter en s'adressant à un public restreint.

Ceci dit, j'ai beaucoup aimé le mot de passe du dernier chapitre de "Travailler fatique". ;o)

Neault - le 15/08/2008 à 16h48
Bonjour,

C'est un article intéressant et très véridique, au moins après, on ne se sent plus seul à être dans ce doute dont tu parlais.
Même si j'écris beaucoup, j'ai toujours une grande difficulté à laisser un commentaire.
D'après moi, le pire c'est quand nous n'en recevons aucun commentaire, car alors on se demande "sommes nous lu ?".
Bravo pour cet article, je m'y retrouve :)

Bye,
Talisman
Talisman - le 16/08/2008 à 09h12
Bonjour Patrick!
L'anonymat des lecteurs!Cà te trouble....Pense pourtant que pour un livre c'est pratiquement le cas , exception faite des salons et rares courriers.Là, je crois que le doute t'envahit. Es-tu lu? Tu ne sauras pas la réponse exacte.
Sur myspace tu avais plus de commentaires je pense.Le blog n'est pas toujours facile à trouver.
Comment un lecteur potentiel va t'il le trouver ton blog?Pur hasard! ce qui ne me pousse pas trop à en ouvrir un.
Sur myspace, j'ai des lecteurs, fidèles, parfois absents mais ils reviennent quand ils ont le temps.Parfois, certains me disent qu'ils passent me lire régulièrement mais sans laisser de traces...
Pourquoi?--manque de temps--débordés--trop"timides" pour se permettre de faire un commentaire--manque de mots--trop discrets--ou ils pensent revenir.
 Enfin tous les cas sont possibles.Tu voudrais des critiques mais nous ne sommes pas des "pros"
Moi, je te dirai si j'aime surtout... mais je ne suis pas qualifiée pour critiquer vraiment!
Même moi je ne suis pas venue depuis un moment (le chemin blog, j'oublie un peu le trajet) assez débordée!
Même toi, lol  , tu ne viens plus me lire ou me le dire (çà c'est un sourire!)Nous sommes tous...débordés!
Ton sujet nous fait réfléchir.

Ce qui me fait plaisir chez toi c'est que " TU AS LE DOUTE DU CREATEUR " et je t'aime pour celà
Lucette
lubesac - le 18/08/2008 à 15h28
Je connais bien cette angoisse (bon le mot est fort) de l'article non commenté.
Le nombre de lecteurs croissant ou décroissant est une bonne information complémentaire.
Le nombre d'abonnés est l'information capitale.
Mais le commentaire est la meilleure information en espérant bien sur que le commentateur soit assez honnete pour évoquer une déception.
JE te suis solidaire sur ce coup là car je me pose les memes questions.

Je pense à mettre un post-rating pour les commentateurs silencieux. Une occasion pour eux de s'exprimer sans avoir à laisser leur adresse mail, ce qui pourrait etre une des raisons de ce silence.

Amitié
Thierry
Thierry Benquey - le 16/09/2008 à 18h26