Lire, Ecrire, En Parler : le blog de Patrick FORT

Ecrire pour aller mieux
L’écriture a un immense pouvoir cathartique. On expurge son ressenti, on le formalise pour ainsi mieux l’apprivoiser, le comprendre ou s’en libérer.
La plupart du temps, on commence à écrire souvent pour ces raisons.
L’écriture est alors tournée vers soi.
Adolescent, j’ai écrit de nombreux poèmes dans lesquels, imprégnés de romantisme de bas-étage, j’étais le plus malheureux sur terre et bien sûr, personne ne comprenait les tourments atroces que j’endurais. Lorsque j’y songe, je ne peux m’empêcher d’en sourire et je porte sur ces écrits un regard amusé. Je ne sais plus où ces carnets se trouvent. Je les ai brûlés en grande partie (ah ! le feu qui purifie !).
Pour certains, cela suffit et ils ne vont pas au-delà.
La thérapie a fonctionné et a apporté la quiétude. Ils se sont défoulés et ne demandaient à l’écriture rien d’autre.
D’autres, l’immédiateté de l’acte d'écrire dépassée et digérée, continuent parce qu’ils perçoivent ce que l’écriture peut leur apporter dans la compréhension quotidienne d’eux-mêmes. Mais ils perçoivent aussi ce qu’ils peuvent donner à « l’autre », à partir de leur expérience propre.
La poésie est le cadre le plus adaptée à cette démarche, plus pétrie d’instants données, en prise avec l’immédiat, le moment présent, son « moi ».
Elle n’en demeure pas l’unique support bien entendue mais s’adapte mieux à ce besoin d’écrire.
On cherche à fixer des sensations, à dire l’indicible, à jouer avec les sonorités, à trouver le mot juste. C’est une forme chantée de la parole. Le cadre n’est pas formalisé et une certaine liberté formelle vous permet d’écrire sans contrainte excessive. Puis, par curiosité, on s’essaie à la versification, aux figures de style. On cherche à connaître les « règles » et l’on s’aperçoit que loin de vous contraindre dans un espace délimité, grâce à elles, votre écriture s’améliore, s’affine, se débarrasse du superflu. Vous y prenez goût et ce qui était, au début uniquement thérapeutique peut-être devient au fil du temps un jeu avec les mots, les rimes, la ponctuation.

Je ne suis pas poète et je ne le serai jamais.
J’envie ceux qui le sont, ont ce talent pour fixer l’instant et l’universaliser en parlant à chacun d’entre nous.
Je n’en ai pas le talent et je n’éprouve pas le besoin de versifier, sous une forme libre ou ordonnée.
Je préfère la prose dans laquelle je suis plus à mon aise.
Elle me permet de conter, de raconter des histoires.
Ce que j’ai toujours voulu essayer de faire.

Pourquoi écrire : pour le plaisir de raconter...


Sam 23 fév 2008 9 commentaires
Mon cher ami (j'ose l'appartenance et la rareté),
j'écoute ta question réponse, je pose en non poète comme toi mon commentaire succinct, cela n'est qu'un bout en complément de ta pensée claire et indicible.
J'ai très souvent l'urgence en moi d'écrire, parfois elle vient de lectures (j'ai alors la prétention d'avoir lu ce que de plus merveilleux il y a, toujours Paul Celan me transportera, l'Histoire s'en mêle bien sûr...) ou de promenades ou d'expositions (je sors "meilleure" d'un musée !) ou de théâtre (hier je suis allée voir Edouard II de Marlowe)... Elle vient sans aucun doute de l'intime.
Je te sais gré de toute ta pudeur, de tes mots que je découvre, beaux car la simplicité arrive, ah, effacer le labeur.
Quelle chance avons-nous d'écrire...
emma grangé - le 23/02/2008 à 13h48
Je retrouve mes diables de l'adolescence. Quoique, un texte en particulier, très actuel est aussi dédié à l'expulsion de la douleur, le partage avec les autres: Déchirures...
La maturité dans l'écriture est quelque chose de fantastique, elle n'est pas celle que peux apprécier le lecteur, non c'est la maturité dans l'écriture appréciée par l'auteur. Jouer avec les mots, essayer, tache O combien difficile, de donner aux lecteurs des images et voir celles-ci pendant que nous les rédigeons.
Comme dit Emmanuelle, qui a un style tout à fait particulier, quel bonheur que celui d'écrire.
Thierry
Thierry Benquey - le 23/02/2008 à 14h32
Parler un peu de moi, ce rapport à l'écriture, l'amour des mots, l'amour tout court, l'intime avant tout, l'intime c'est un élément commun à l'humanité. Et un regard -le mien- sur la beauté, l'absolu dans des choses simples, avec pudeur, tact et sens, mes ingrédients ? Je dirais la même chose dans d'autres modes d'expression comme la photographie ou la musique. Oui j'ai du commencer ado à écrire pour épater les filles et parce que je lisais beaucoup. Ecrire me fait du bien, recherche du plaisir. Un espace illimité d'expression en sensibilité. En même temps, écrire sur un blog, c'est un mode un peu particulier me semble-t-il, écrire court, régulièrement, etc... Mon objectif est plutôt à terme d'écrire des chansons et de composer de la musique...
Hervé PIZON - le 25/02/2008 à 10h41

Je me reconnais assez bien, te l'avouerais-je, mais pas totalement non plus dans tout ce que tu viens de nous confier. Le formidable pouvoir cathartique, oui, oh combien! Une forme de libération. Une envie assez irrépressible de plonger dans d'autres mondes, à l'adolescence. Pour moi, ce fut assez curieusement, même, un peu dangereux, car je prenais un sacré plaisir de m'affranchir des balises scolaires (tout en suivant benoitement le cursus) en cumulant deux passions par l"écriture: l'histoire et la littérature. Bref, pour avoir eu un coup de foudre à 11 ans pour Alexandre Dumas et le Comte de Monte Cristo (merci à mon grand-père), je m'embarquais - pour moi seul!!!! - plume en main dans des récits historiques abracadabrantesques qui, évidemment, ne valaient pas pipette! (je me souviens avoir commis à 15 ans un petit récit  en plusieurs chapitres sur des complots sous le consulat qui violait allègrement et la chronologie, et les réalités historiques... et je n'avais pas encore lu Les Chouans de Balzac, heureusement) Je ne pratiquais pas trop la poésie... même si j'aimais cela en lectures (musique, musique...). Plus tard, évidemment, mes études sc.po, droit.. et histoire ont corrigé le tir pour d'inévitables "normalisations" de l'existence (affreux mot!) ... sans délaisser ce pour autant ce vieux penchant pour la pure imagination .. (loin d'être féconde, évidmment). Bref, ces passions cumulées n'ont jamais pu se dissoudre dans leur alchimie curieuse. On a toujours la prétention un peu puérile de les cultiver... Et au besoin, en toute modestie, de les faire partager.
Bien à toi, cher Patrick.

Christian - le 27/02/2008 à 19h31

Le plaisir du partage, tout est là en somme, car pourquoi lire??
J'aime moi aller sur les chemins que tu mets sur ma route, les sentiers des raconteurs, des rêveurs, moi je lis, parce que dire et écrire je  ne sais. Ou alors tellement sans originalité ni style que à quoi bon et pourquoi? J'ai quand même gardé tous mes cahiers noircis...on ne sait jamais..
 Donc on en revient à la question.. le partage doit se faire dans le plaisir, et le plaisir vient de la qualité... voilà pourquoi je te lis,toi et quelques d'autres...

reb - le 06/03/2008 à 16h48
Certaines personnes  s'épanchent en parlant , en se racontant , souvent à un ami ou un proche.
D'autres, plus solitaires ou réservées, préfèrent l'écriture.Et c'est le début de ce superbe exutoire !Déjà l'adolescence, souvent tourmentée, ( c'est une étape dans l'épanouissement de la vie ) nous porte à écrire journal intime,petit roman, lettres à des correspondants ou poésies.J'ai fait tout celà sauf la poésie!
 Puis,un jour, quand la vie laisse un peu de temps,le besoin de coucher sur le papier des phrases commence.Oh! au début c'est maladroit, ce n'est que pour soi, puis vient l'envie et le besoin d'en faire plus! Et la machine est lancée.çà devient un besoin, c'est vital!Tous ces mots, ils ne vont pas dormir dans vos tiroirs:ils veulent être partagés!Il faut les offrir aux autres.Quoi de mieux qu'un blog?
Même votre pudeur, votre modestie sont préservées.Alors vive le blog et surtout celui de Patrick, ici, où l'on attend avec impatience, la suite...la suite! 
lubesac - le 07/04/2008 à 19h05
  Bonjour Pat,
     
        L'écriture est une thérapie très efficace pendant les moments difficiles de la vie. Au départ, elle apporte cette quiètude apaisante, en exprimant ses émotions intimes.
         Puis vient le temps de la libération, où le créateur de phrases, tourne la page de son adolescence.
         S'il continue à écrire, c'est qu'il prend beaucoup de plaisir à le faire. En maîtrisant mieux la magie des mots, il décide de partager les histoires qu'il crée. Et la toile du web permet justement cette ouverture vers les autres.
         Avec modestie et générosité, patrick nous a ouvert la porte de son talent, pour nous raconter tout simplement.. la vie des hommes. 
         Amitié.
         dédé.
ddlaplume - le 03/09/2008 à 05h33
un grand sourire. moi aussi je brulais tout...avant d'avoir un blog et de découvrir que ça pouvait plaire...Désolée de ne pas être passée plus tôt, et merci pour vos mots. (je vais essayé de ne pas me perdre, vive les sommaire);-)
milady write - le 11/10/2008 à 16h27
merci pour ta visite et ne t'inquiète pas ! ici, aucun impératif n'a sa place. on y vient quand on veut : la porte est toujours ouverte. et il y a une vie en dehors des blogs :) !
PAT DE BIGORRE
Parfois, on arrive pas à expliquer pourquoi et on se contente d'observer le mouvement de nos doigts sur le clavier. Parfois, c'est juste le son des "clicks" qui nous inspire.
retsig - le 24/04/2009 à 20h11
Comme tu l'écris si bien, l'écriture est un acte mystérieux et nécessaire et l'inspiration, absente ou présente, une énigme...
Merci pour cette visite et vos commentaires qui laissent deviner un passionné des mots.
A bientôt !
PAT DE BIGORRE