Par PAT DE BIGORRE
DESOLATIONS
Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2009, une tempête a détruit 60 % des 1 000 000 d’hectares de la forêt landaise.
DESOLATIONS
Le carnage se répète à l’infini et se décline de désolations plaintives en désolations rugissantes.
Aujourd’hui seulement, sept jours après le désastre, nous avons osé revenir vers toi.
Les stigmates recouvrent ta chair martyrisée et ton corps gît nu au milieu de l’étendue désolée, enseveli sous un enchevêtrement de branches cassées, de pins déracinés et de fougères piétinées.
Tes blessures béantes violentent les regards de celles et ceux qui pleurent ta perte et reviennent vers toi, le cœur serré et l’âme lourde.
Nous scrutons sans trop y croire ce désastre qui t’a défiguré pour longtemps ; nous pleurons ces troncs déchiquetés et livrés aux brisures du vent ; nous enrageons sans mot dire au spectacle de ces cimes esseulées qui surplombent ce chaos infernal.
Mais sache que tout renaîtra.
Nos pas peinent pour se frayer un passage au milieu des ornières engorgées de pluie. Nous ne reconnaissons plus rien et nous errons, amnésiques, en quête de ces paysages familiers, de ces senteurs oubliées et de ces bruissements imperceptibles.
Privés de repère, luttant pour ne pas nous perdre, dépossédés de ton éblouissement aveuglant, nos têtes se baissent et nos fronts sont brûlants.
Les animaux que tu abritais sont pour la plupart morts. Les plus chanceux ont déserté ce monde terrifiant du silence pour se réfugier dans des recoins souillés, pour se cacher à l’abris du regard des hommes, pour se blottir dans le creux des crevasses froides.
Mais sache que tout renaîtra.
Nous panserons tes plaies sanguinolentes jusqu’à l’épuisement ; nous te soignerons avec ferveur et dévotion ; nous veillerons à ton chevet, nuit après nuit ; nous nous relaierons, jour après jour, pour écouter les battements de ton cœur convalescent.
Oui, sois persuadée qu’un jour, tu te relèveras, hésitante mais toujours vivante.
Nos mains amoureuses te reboiseront, arbre après arbre, et tu retrouveras au fil du temps ta beauté saccagée.
Oui, sache que tout reviendra.
La terre meurtrie renaîtra au milieu de la grisaille poisseuse et toi, forêt, tu nous parleras à nouveau, tu nous chuchoteras dans le creux de l’oreille des secrets que nous ne percerons jamais.
Immortelle, tu te réapproprieras cet espace aujourd’hui dépecé, écorché et éviscéré par une tempête insatiable.
Les chevreuils, les biches et les sangliers reviendront dévaler au milieu des chemins creux et guetteront la respiration des hommes.
Les grives, les pics-verts et les rouges-gorges chanteront à nouveau pour te charmer et leurs mélodies résonneront dans les sous-bois feuillus transpercés de lumière.
Les palombes, les faisans et les bécasses se déroberont encore à ceux qui les chassent et s’essoufflent à parcourir tes sentiers sauvages envahis par la bruyère et les genêts.
Jour après jour.
Semaine après semaine.
Mois après mois.
Année après année.
Sache que ta sève coulera à nouveau dans nos veines.
Car nous sommes toi et tu es nous.
« La forêt des Landes de Gascogne (en gascon las Lanas) est un massif forestier du Sud-Ouest de la France.
Il est le plus grand d'Europe occidentale.
Contrairement aux idées reçues, la forêt des Landes est millénaire et d'origine naturelle.
La forêt des Landes (appelée Landes de Gascogne, et autrefois Landes de Bordeaux) s'étend sur une grande partie des départements français des Landes et de la Gironde. Elle déborde également sur le département de Lot-et-Garonne. Le massif des Landes donne naissance à quelques fleuves (la Leyre, le Boudigau, etc.) et des rivières (le Ciron, le Gat mort, etc.).
Les villes importantes se situant à proximité sont Bordeaux, Mont-de-Marsan, Dax et Bayonne. Le massif forestier est baigné à l'Ouest par l'océan Atlantique (golfe de Gascogne) . Le littoral ainsi constitué porte le nom de Côte d'Argent.
Les plantations sont principalement constituées de pins maritimes. D’autres essences cohabitent cependant avec le pin, parmi lesquelles le chêne, présent sous plusieurs formes :
- dans les forêts longeant les courants landais, exutoires des grands lacs et étangs, le chêne pédonculé ou chêne blanc reste l’espèce dominante
- le chêne tauzin ou noir est caractéristique de l’airial
- le chêne-liège cohabite avec le pin sur le littoral sud des Landes (à partir du Pyla, et tout particulièrement en Marensin)
- le chêne vert est parfois présent sur le littoral nord des Landes (de la Pointe de Grave au Cap Ferret) »
Source Wikipédia.
Contrairement aux idées reçues, la forêt des Landes est millénaire et d'origine naturelle.
La forêt des Landes (appelée Landes de Gascogne, et autrefois Landes de Bordeaux) s'étend sur une grande partie des départements français des Landes et de la Gironde. Elle déborde également sur le département de Lot-et-Garonne. Le massif des Landes donne naissance à quelques fleuves (la Leyre, le Boudigau, etc.) et des rivières (le Ciron, le Gat mort, etc.).
Les villes importantes se situant à proximité sont Bordeaux, Mont-de-Marsan, Dax et Bayonne. Le massif forestier est baigné à l'Ouest par l'océan Atlantique (golfe de Gascogne) . Le littoral ainsi constitué porte le nom de Côte d'Argent.
Les plantations sont principalement constituées de pins maritimes. D’autres essences cohabitent cependant avec le pin, parmi lesquelles le chêne, présent sous plusieurs formes :
- dans les forêts longeant les courants landais, exutoires des grands lacs et étangs, le chêne pédonculé ou chêne blanc reste l’espèce dominante
- le chêne tauzin ou noir est caractéristique de l’airial
- le chêne-liège cohabite avec le pin sur le littoral sud des Landes (à partir du Pyla, et tout particulièrement en Marensin)
- le chêne vert est parfois présent sur le littoral nord des Landes (de la Pointe de Grave au Cap Ferret) »
Source Wikipédia.
Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2009, une tempête a détruit 60 % des 1 000 000 d’hectares de la forêt landaise.
A mon grand-père, Georges DUBOSCQ
DESOLATIONS
Le carnage se répète à l’infini et se décline de désolations plaintives en désolations rugissantes.
Aujourd’hui seulement, sept jours après le désastre, nous avons osé revenir vers toi.
Les stigmates recouvrent ta chair martyrisée et ton corps gît nu au milieu de l’étendue désolée, enseveli sous un enchevêtrement de branches cassées, de pins déracinés et de fougères piétinées.
Tes blessures béantes violentent les regards de celles et ceux qui pleurent ta perte et reviennent vers toi, le cœur serré et l’âme lourde.
Nous scrutons sans trop y croire ce désastre qui t’a défiguré pour longtemps ; nous pleurons ces troncs déchiquetés et livrés aux brisures du vent ; nous enrageons sans mot dire au spectacle de ces cimes esseulées qui surplombent ce chaos infernal.
Mais sache que tout renaîtra.
Nos pas peinent pour se frayer un passage au milieu des ornières engorgées de pluie. Nous ne reconnaissons plus rien et nous errons, amnésiques, en quête de ces paysages familiers, de ces senteurs oubliées et de ces bruissements imperceptibles.
Privés de repère, luttant pour ne pas nous perdre, dépossédés de ton éblouissement aveuglant, nos têtes se baissent et nos fronts sont brûlants.
Les animaux que tu abritais sont pour la plupart morts. Les plus chanceux ont déserté ce monde terrifiant du silence pour se réfugier dans des recoins souillés, pour se cacher à l’abris du regard des hommes, pour se blottir dans le creux des crevasses froides.
Mais sache que tout renaîtra.
Nous panserons tes plaies sanguinolentes jusqu’à l’épuisement ; nous te soignerons avec ferveur et dévotion ; nous veillerons à ton chevet, nuit après nuit ; nous nous relaierons, jour après jour, pour écouter les battements de ton cœur convalescent.
Oui, sois persuadée qu’un jour, tu te relèveras, hésitante mais toujours vivante.
Nos mains amoureuses te reboiseront, arbre après arbre, et tu retrouveras au fil du temps ta beauté saccagée.
Oui, sache que tout reviendra.
La terre meurtrie renaîtra au milieu de la grisaille poisseuse et toi, forêt, tu nous parleras à nouveau, tu nous chuchoteras dans le creux de l’oreille des secrets que nous ne percerons jamais.
Immortelle, tu te réapproprieras cet espace aujourd’hui dépecé, écorché et éviscéré par une tempête insatiable.
Les chevreuils, les biches et les sangliers reviendront dévaler au milieu des chemins creux et guetteront la respiration des hommes.
Les grives, les pics-verts et les rouges-gorges chanteront à nouveau pour te charmer et leurs mélodies résonneront dans les sous-bois feuillus transpercés de lumière.
Les palombes, les faisans et les bécasses se déroberont encore à ceux qui les chassent et s’essoufflent à parcourir tes sentiers sauvages envahis par la bruyère et les genêts.
Jour après jour.
Semaine après semaine.
Mois après mois.
Année après année.
Sache que ta sève coulera à nouveau dans nos veines.
Car nous sommes toi et tu es nous.



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