Samedi 28 février 2009
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08:44
Par PAT DE BIGORRE
DEADWOOD
(extrait)
5 Juillet 1876
1.
Deadwood.
En quelques semaines, cette ville a surgi de la terre, en toute illégalité, quand il s’est murmuré que John B. Pearson avait trouvé de l’or au nord des Blacks Hills, en plein territoire indien.
Pahá Sápa.
Les Black Hills.
Les Collines Noires.
Des milliers d’hommes et de femmes se sont précipités vers elles, succombant aux rêves trompeurs de jours meilleurs, fuyant la misère étouffante ou les zones d’ombre de leur passé.
Tous les arbres ont été abattus, les forêts ont été dévastées, les cours d’eau asséchés.
La nature a perdu sa virginité, les hommes l’ont souillé à jamais et la civilisation vorace a dévoré tout ce qui freinait son appétit d’espace.
Après cette furie sans limites, il ne restait plus que quelques pins, alors ils ont baptisé cette ville « Deadwood ».
Deadwood : bois mort, nature saccagée, cœur sec.
Quelques uns se sont enrichis.
Les plus chanceux sont repartis avant de perdre leur âme.
Avides de ce métal précieux, obsédés par lui, la plupart de ceux qui avaient accouru se sont épuisés à creuser les collines, à curer les criques, à forer les entrailles des montagnes.
En vain.
Sans état d’âme, rageurs et obstinés, ils ont fouillé les torrents, ils ont sondé les ruisseaux, ils ont pollué les rivières.
Pour rien.
La désillusion a remplacé l’espoir et la rancœur s’est accouplée à la colère pour donner naissance à un enfant chétif et souffreteux.
Quelques mois ont suffi pour que Deadwood devienne inhumaine.
L’enfer s’y est installé pour longtemps et y a revêtu ses habits de lumière.
Ici, pas de justice. Ici, pas de loi. Ici, pas de morale.
Le pouvoir est entre les mains de ceux qui tiennent les tripots et les maisons closes.
L’alcool, le jeu et les putes pour passer le temps et dépenser le peu d’argent que l’on gagne.
Mourir est devenu anecdotique car ici, la vie ne vaut rien.
Un homme n’en devient vraiment un que le jour où il en a tué un autre.
Le cimetière construit sur les hauteurs de la ville est devenu le lieu le plus fréquenté.
Avant, au même endroit, les Lakotas se réunissaient sur ce lieu sacré pour communier avec les esprits.
Mais les « visages pâles » sont arrivés.
Pour de l’or, ils ont vendu leur âme au diable.
Et elle n’a plus valu grand chose.
1.
Deadwood.
En quelques semaines, cette ville a surgi de la terre, en toute illégalité, quand il s’est murmuré que John B. Pearson avait trouvé de l’or au nord des Blacks Hills, en plein territoire indien.
Pahá Sápa.
Les Black Hills.
Les Collines Noires.
Des milliers d’hommes et de femmes se sont précipités vers elles, succombant aux rêves trompeurs de jours meilleurs, fuyant la misère étouffante ou les zones d’ombre de leur passé.
Tous les arbres ont été abattus, les forêts ont été dévastées, les cours d’eau asséchés.
La nature a perdu sa virginité, les hommes l’ont souillé à jamais et la civilisation vorace a dévoré tout ce qui freinait son appétit d’espace.
Après cette furie sans limites, il ne restait plus que quelques pins, alors ils ont baptisé cette ville « Deadwood ».
Deadwood : bois mort, nature saccagée, cœur sec.
Quelques uns se sont enrichis.
Les plus chanceux sont repartis avant de perdre leur âme.
Avides de ce métal précieux, obsédés par lui, la plupart de ceux qui avaient accouru se sont épuisés à creuser les collines, à curer les criques, à forer les entrailles des montagnes.
En vain.
Sans état d’âme, rageurs et obstinés, ils ont fouillé les torrents, ils ont sondé les ruisseaux, ils ont pollué les rivières.
Pour rien.
La désillusion a remplacé l’espoir et la rancœur s’est accouplée à la colère pour donner naissance à un enfant chétif et souffreteux.
Quelques mois ont suffi pour que Deadwood devienne inhumaine.
L’enfer s’y est installé pour longtemps et y a revêtu ses habits de lumière.
Ici, pas de justice. Ici, pas de loi. Ici, pas de morale.
Le pouvoir est entre les mains de ceux qui tiennent les tripots et les maisons closes.
L’alcool, le jeu et les putes pour passer le temps et dépenser le peu d’argent que l’on gagne.
Mourir est devenu anecdotique car ici, la vie ne vaut rien.
Un homme n’en devient vraiment un que le jour où il en a tué un autre.
Le cimetière construit sur les hauteurs de la ville est devenu le lieu le plus fréquenté.
Avant, au même endroit, les Lakotas se réunissaient sur ce lieu sacré pour communier avec les esprits.
Mais les « visages pâles » sont arrivés.
Pour de l’or, ils ont vendu leur âme au diable.
Et elle n’a plus valu grand chose.




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