Jeudi 23 juillet 2009
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12:10
Par PAT DE BIGORRE
Les Cagots : quesaco ?
Pour épargner à Thierry (et à d’autres… !!!) de chercher sur « Google » ce qu’étaient les cagots, une petite note s’impose pour vous éclairer. Ne me remerciez pas, tout le plaisir est pour moi...
Je ne suis pas historien et, même si j’ai beaucoup lu sur cette population mystérieuse (les cagots ont fait et font toujours beaucoup couler d’encre), je n’ai qu’une modeste ambition : vous donner juste quelques clés pour mieux cerner cette problématique.
La tache est colossale, ce phénomène complexe alors j’ai pris le partie d’être le plus synthétique possible, prenant le risque de ne pas tout aborder.
Vous l’avez compris, « Cagot » était un terme injurieux utilisé pour désigner une certaine catégorie de population rejetée et frappée de mépris.
« Selon les lieux et les époques, les Cagots s'appellent Crestians ou Chrestiaas (avant le XVIe siècle), Gézitains (en Chalosse, à partir du XIVe siècle), Gahets, Gahetz, Gafets, Gaffets ou Agotas (à Bordeaux, dans l' Agenais, et les Landes, Agotz (Pays basque), Capots (Armagnac). Ils sont également nommés en Bigorre Graouès ou Cascarrots. »
Source Wikipédia
L’origine de ce nom pose problème. Je ne m’y attarderai pas. Je n’ai pas l’intention d’écrire un note étymologique et je n’en ai pas la compétence.
On retrouve surtout les cagots dans le Sud-Ouest de la France (Bigorre, Béarn, Chalosse, Gascogne, Pays Basque…) ainsi que dans le Nord de l'Espagne (Aragon, Navarre, Pays basque et Asturies).
La problématique des « Cagots » est donc fortement localisée, même si on les retrouve aussi en Anjou et en Bretagne.
Qu’avaient-ils donc fait pour mériter tant d’opprobre et de haine ? Pourquoi étaient-ils autant rejetés ?
La première idée qui me vient est la bêtise, cette faculté qu’à l’homme de dresser des ghettos, d’élever au rang de paria ceux qui ne ressemblent pas à la majorité.
Mais ce jugement de valeur ne vous satisfera pas alors il me faut aller plus en avant et remonter aux sources de leur origine.
Ce qui n’est pas une mince affaire. Plusieurs théories ont été avancées et l’énigme demeure toujours. J’écarte les hypothèses plus ridicules (par exemple, les cagots seraient des extraterrestres…) pour ne retenir que les trois les plus souvent admises :
- Au Moyen-Âge, la lèpre fait des ravages et tous ceux qui sont susceptibles de l’avoir sont rejetés. Et condamnés à vivre à l’écart. La lèpre suscite la peur, la terreur, l’angoisse morbide. La moindre maladie de peau vous désigne comme suspect. Les cagots descendraient donc de lépreux ou de personnes supposées l’être. Des « impurs » pour résumer.
- Des invasions multiples ont déferlé dans le Sud-Ouest. Les cagots seraient des « sarazins » convertis au catholicisme, des Vikings, des Goths… ; des enfants nés de viols imputables à l’envahisseur, des envahisseurs qui ont trouvé le pays « pas mal » et qui fatigués de leur vie de nomade sont finalement restés….
- Les cagots rassembleraient tous les rejetés et exclus inhérents à toute société, phénomène accentué pour Alain Guerreau, directeur de recherche au CNRS, par « la réorganisation de la société féodale dans le sud-ouest de la France aux XIIe-XIIIe siècles, qui a créé, dans un contexte économique et politique figé, une catégorie d'exclus (fils cadets, sans terre) vivant à la marge. »
Pour ma part, je crois que l’origine des cagots la plus plausible est la première hypothèse. Des catégories de population rejetée les ont rejoint, s’y sont greffées. L’assimilation à la population première (les lépreux) s’est effectuée naturellement et l’exclusion est ainsi le dénominateur commun. Ils ont cristallisé le rejet, un peu des boucs émissaires.
Les cagots ont lutté pour une juste réintégration jusqu’après la Révolution française. Ils se révoltent, poursuivent en justice. Les seigneurs et le haut-clergé leur donnent le plus souvent raison dans les procès qu’ils intentent . Les injustices dont ils souffrent sont toujours condamnées, les jugements difficilement appliqués. La réticence vient toujours de la population et du bas clergé qui ne veut rien entendre (les légendes et superstitions sont nombreuses, de la mauvaise haleine au pacte avec le diable…).
Dans les années 1900, les descendants de « cagots » sont toujours clairement identifiés. A Lourdes, dans les années 40, une grand-mère gifle son petit-fils qui joue avec une petite-fille de cagot !
La constante dans leur histoire est d’être toujours tenue à l’écart, parqués en dehors des villes. Ils ont leur cimetière, leur fontaine, parfois leur église. Ils ne doivent pas se mélanger, n’ont le droit que d’exercer certains métiers (ceux en lien avec le bois), sont obligés de se plier à de nombreuses contraintes (un cagot a eu les pieds brûlés au fer rouge pour avoir traversé la place de son village pieds-nus).
Je ne listerai pas ces contraintes. Un article de dix pages n’y suffirait pas.
Ma nouvelle « Cagot ! » vous en donne quelques exemples. Tous sont avérés et hélas exacts.
« Cagot ! » a été pour moi l’occasion de rendre hommage à cette population et à travers elle, à toutes celles et ceux qui sont, ont été et seront malheureusement frappés d’exclusion. J’écris « seront » car l’Histoire est un éternel recommencement.
J’espère, à travers ma nouvelle et cette courte présentation y être parvenue.




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