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Tierra de Dolor, Gurs et Celestino Alfonso
Sinueux est le chemin…

Projeter d’écrire un recueil de nouvelles n’est jamais simple.
Surtout quand il s'agit d'un second recueil de nouvelles...
Rien n’est jamais complètement définitif et ce n’est que tant mieux.
Certaines idées en appellent d’autres qui en évoquent d’autres à leur tour… pour mieux vous déboussoler.
Elles se modifient, s’enrichissent et s’améliorent au détour d’une phrase lue, d’une parole entendue, d’un lieu vu.
Aussi cela prend du temps. Et demande de la réflexion.
Car rien n’est jamais complètement définitif et ce n’est que tant mieux.
Pour parvenir au but, le travail en amont, avant de passer à l’acte d’écrire, est capital.
Cela s’apparente à la préparation d’une longue et éprouvante randonnée.
Vous savez à peu près où vous désirez aller mais sans en être vraiment certain…et surtout, vous hésitez entre plusieurs
destinations.
Se décider sans l'ombre d'un doute sur le lieu à atteindre et baliser à précision le trajet à parcourir pour y parvenir ; être
conseillé par son éditeur, ses proches, ses amis sur la direction à prendre avant de se lancer ; oser des détours au risque de se perdre pour mieux retrouver ensuite le bon chemin.
Et de fil en aiguille, l’idée première, par un processus alchimique complexe, se transforme, mute.
Le point de départ est défini, les sentiers à emprunter clairement identifiés, le point d’arrivée trouvé.
Reste alors à se lancer malgré la foule d’incertitudes qui s’obstinent à se rappeler à vous.
Ainsi en est-il du projet qui m’occupe.
Après avoir songé à un recueil dont la thématique serait l’écriture, j’ai changé d’avis.
La faute à ma nouvelle « Tierra de dolor ».
Tournant en rond et ne parvenant à terminer un texte inédit « Ce jour-là il neigeait », j’ai repris et corrigé « Tierra de
Dolor », nouvelle écrite il y a près d’un an.
Je l’ai relue avec un œil neuf que seul l’oubli peut permettre. Avoir oublié cette « histoire » l’a, il me semble,
bonifiée.
Et elle est passée de 12 à 24 pages…
Des scènes ont été ajoutées, des passages modifiés et « Tierra de Dolor » a pris une autre tournure tout en restant la
même.
Je l’ai soumise à Yannick et l’échange qui s’en est suivi
s’est avéré très constructif.
Ensuite, avec « d’autres nouvelles » pour "un autre projet", je l’ai adressée à mon éditeur.
« Tierra de dolor » a reçu un accueil plutôt favorable.
« Les autres nouvelles » recevant un accueil disons plus « mitigé ». Aussi ce projet initial a été remis à plus
tard.
« Tierra de dolor » s’est retrouvée alors esseulée…
Et pour un futur recueil, une seule nouvelle, vous en conviendrez, c’est un peu mince….
Après avoir tergiversé longuement (je vous épargne les détails), la « lumière » a finalement surgi : deux nouvelles compléteront
ce recueil et prolongeront « Tierra de Dolor ».
Le désir de proposer des textes inédits a également orienté ce choix.
Aussi je vais me lancer et je verrai bien où cela me mènera.

La première de ces nouvelles sera consacrée au camp de
Gurs.
(Le camp de Gurs est un camp de réfugiés construit en France à Gurs, près d'Oloron-Sainte-Marie dans les Basses-Pyrénées
(actuellement département des Pyrénées-Atlantiques) par le gouvernement d'Édouard Daladier entre le 15 mars et le 25 avril 1939 pour accueillir des anciens combattants de la Guerre civile
espagnole après la prise de pouvoir du général Franco).
Le personnage principal de « Gurs » sera Martin Lombard qui apparaît dans « Tierra de Dolor ».
Pour des raisons personnelles, écrire une nouvelle sur le camp de Gurs est un projet qui me tient à cœur depuis longtemps.
Après la guerre, le camp fut démantelé, la végétation envahit le site et l’oubli de cette époque peu glorieuse arrangeait beaucoup de monde...
Une association fut crée pour perpétuer le mémoire. Et un de mes grands-oncles participa, à sa manière, à ce refus programmé de
l’oubli, entretenant le site et le cimetière, accueillant les visiteurs, expliquant ce qui s’était passé « ici »…
J’ai contacté l’historien de Gurs, Claude Laharie.
Il se souvient très bien de « Monsieur Jean Etchegorry », décédé il y a une dizaine d’années.
Je dois le recontacter pour en savoir un peu plus.
J’attendais pour oser enfin écrire sur Gurs.
Le moment est venu.
La deuxième nouvelle sera consacrée à Celestino
Alfonso, un des 23 de l’Affiche Rouge.
Il apparaît dans la nouvelle version de « Tierra de Dolor » .
Ecrire sur Celestino Alfonso me permettra d’évoquer la Résistance à travers le combat « d’un espagnol rouge » qui dans sa
dernière lettre, avant d’être fusillé par les Allemands, écrivait : « je ne suis qu’un soldat qui meurt pour la France ».
Pour ce projet, je bénéficie des conseils, des encouragements et de l’aide d’Alain Blottière, l’auteur de « Le tombeau de Tommy
», roman auquel j’avais consacré une chronique sur ce blog.
En effet, j’ai pris contact avec lui pour lui demander quelques renseignements…et il a eu la gentillesse de répondre à mon
message ! Et depuis je suis en contact régulier avec lui.
Et pour ne rien gâcher au plaisir, il a lu et a apprécié « Le sang des chaînes ». Et il me l’a écrit…

J’hésitais à évoquer Celestino Alfonso. Je n’osais pas me frotter à ce « héros ». Intimidation et peur de ne pas être à la
hauteur.
Le moment est venu.
Projeter d’écrire un recueil de nouvelles n’est jamais simple.
Le plus difficile est d’arrêter son choix sur la direction à prendre.
Puis s’y tenir.
Je vais m’y employer dans les semaines et les mois à venir…
Lors de notre dernière rencontre au salon du livre à Hossegor, avec Marc Meyraud, mon éditeur, nous évoquions l’après-« Sang des
Chaînes ». « Si un deuxième recueil voit le jour », me disait-il « les lecteurs sont en droit d’attendre aussi bien, voire mieux que « Le Sang des Chaînes ». Vous n’avez pas d’autre choix que
celui de l’excellence ! »
Sincèrement, je ne sais pas si j’y parviendrais. De plus, l’excellence n’existe pas…et ce concept est très subjectif.
Mais dans les jours, les semaines et les mois à venir… je vais m’efforcer de l’approcher.
De mon mieux.
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