Vendredi 6 novembre 2009
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21:38
Par PAT DE BIGORRE
Loin des fracas du monde
Hier, j’écoutais Christian BOBIN et j’aurais pu boire ces paroles pendant des heures.
J’aime ces écrivains qui se tiennent en retrait, loin des fracas du monde.
J’aime ces artisans du mot qui ont compris que l’essentiel n’était pas là où on nous contraint à le chercher.
Écrire est pour eux un sacerdoce, une quête mystique, une façon, comme une autre, de vivre sa vie.
Sans oublier ce qui la rend unique.
Car chaque mot écrit se nourrit de ces instants fugaces et éternels, de ces moments uniques et précieux, de ces rencontres éphémères et durables.
Car chaque mot écrit redit ces regards, ces paroles, ces non-dits, ces attitudes, ces visages. Pour les sortir et les affranchir de cet oubli qui risquerait de les engloutir si jamais le silence
les absorbait.
Car chaque mot écrit renforce cette intimité avec les bois, la joie, les forêts, la tristesse, les ruisseaux, la mort, les rivières, l’amour, les montagnes, le divin, les mers, la nostalgie, les
chemins, le sacré les champs, le profane, les collines, le plaisir.
Et même sans écrire, ils écrivent.
J’aime ces écrivains qui se tiennent en retrait, loin des fracas du monde.
Ils s’approprient le verbe, ils le forgent, ils le débarrassent de ses artifices.
Ils captent la lumière, ils la drapent dans des couleurs réinventées, ils la prolongent dans l’obscurité.
Ils capturent les saisons, le vent, la neige, la pluie, le feu, la froidure.
Ils partent d’eux pour atteindre chacun de nous.
J’aime ces écrivains qui se tiennent en retrait, loin des fracas du monde.
Loin de tout pour parvenir à l’essentiel.
Pour effleurer un idéal qui fuit dès que l’on s’en approche.
L’écriture est devenue un refuge, un sanctuaire, une raison de vivre qui s’obstine.
Les voyages ne sont finalement que des répétitions pour oublier ou nous sentir vivants.
Oui, à quoi bon partir quand seul le décor change ?
Patrick,
loin des fracas du monde ... je ne sais pas qui écrit ... c'est simple ... c'est tellement magnifique ...
Comme dit ailleurs ... j'ai mis le lien sur la dolores liste ...
Puis-je emprunter ... tes mots" sur l'écriture et ... le fracas du monde ...
ils ressemblent ... il collent à Murat ...
L'un des textes de JLM que je préfère ... le lien défait ...
des titres qui veulent tout dire ...
le cours ordinaire des choses me va comme un incendie ...
Didier.
Didier,
Ces mots, j'en suis l'auteur ou "l'écriveur" plutôt...auteur est assez présomptueux peut-être...
Tu peux utiliser mes mots, pas de problème...il est vrai qu'ils collent à Murat, je parlais d'écriture et ce que j'ai écrit lui correspond aussi. A te lire, je m'en rends compte aujourd'hui.
Murat a l'air de choisir ses titres, en une phrase, "tout est dit", l'essentiel en quelques mots...
Murat, je l'écoute depuis le début, "Cheyenne autumn", 1989, si mes souvenirs sont bons...depuis 21 ans, il m'accompagne...curieuse la vitesse du temps qui passe...chacune de ses chansons est associée à un souvenir précis...
Je terminerai par une confidence. j'ai été édité l'année dernière, "le sang des chaînes", un recueil de nouvelles. J'ai contacté Marie Audigier car je souhaitais l'offrir à jean-Louis murat. Elle m'a donné son adresse et mon livre est parti chez lui. je ne sais s'il l'a lu...mais cela n'est pas vraiment important. Le tout est qu'il l'est reçu.
Merci pour tes commentaires encore une fois.
Quel lien puis-je mettre en retour sur mon site ? Celui du "lien défait" ? Retour de politesse et invitation au partage surtout...
A bientôt,
Cordialement,
PATRICK
Bonjour,
Je découvre votre blog avec bonheur, notamment ce bel article sensible autour de l'écriture, qui en effet n'est pas rejet ni refus du monde, mais recul indipensable pour mieux le cerner peut-être, mieux se recentrer sur ses propres perceptions, pour être attentif à ce qui s'impose, et le traduire pour le faire partager. Atteindre chacun d'entre nous, comme vous l'écrivez, et rien d'autre. Merci à vous, je crois que vais revenir souvent en visite !
Bonjour Gaelle et merci pour ce beau commentaire !
A vous lire, je devine derrière les mots une passion d'écrire et je suis ravi de la partager avec vous à travers cet article. Ecrire n'est pas être en dehors du monde mais vivre au milieu de lui. Le plus difficile est alors de le restituer, de le faire sien, de le modeler à travers ce que nous sommes. Pour soi mais aussi pour les autres. L'écriture devient alors invitation et voyage.
merci pour vos beaux compliments et vos mots.
A très vite,
Cordialement,
Patrick
Je me méfie pas mal de ces auteurs "mondains" ceux qui se regardent le nombril et qui l'étalent à longueur de pages, c'est creux, c'est vide car ils ne font parler que d'eux sans que cela entre en résonnance avec les autres, les humains.
Finalement écrire, c'est écrire pour soi et aussi pour retranscrire les pensées, les sentiments supposés des autres... donner une voix à tous par des mots.
Amitiés!
Sandrine
tes commentaires sont toujours si pertinents et je me régale à te lire. je me sens si proche de ce que tu écris sur l'écriture...
Ecrire permet de créer un lien, de partir de soi pour aller vers les autres mais chercher à les atteindre à tout prix (cf ton avis sur les écrivains mondains qui oublient l'essentiel). parler de soi n'est jamais intéressant. Il faut dépasser ce stade, sans affranchir pour aller au delà de son nombril. Mais je conçois qu'écrire sur soi permet aussi d'aller mieux...
Amitiés,
PAT
L'écriture qui se nourrit de l’existence ; l’existence qui nourrit nos écrits ; la littérature est un vampire ; la littérature est notre mère nourricière ; la littérature est tout et son contraire ; la littérature finalement, c’est la vie.
Hum… je crois qu’il va rejoindre mes maximes celui-ci
Bravo Pat pour ce texte poétique qui expose avec justesse, les relations complexes et vitales qui unissent l’écrivain et sa plume.
Amitiés,
PAT
PS : d'ici 15 jours, certaines choses seront réglées et j'aurais alors l'esprit plus clair pour te lire à nouveau !
Nous avons la même vision de ce que doit être l'écriture et cela me réjouit !
je t'embrasse,
A très bientôt,
PAT
PS : la gare de Pommier et ta dernière nouvelle, "femme pot de fleur" sont dans mes priorités !
Il m'arrive de boire du sang et de la mort, non sans une mimique de degout, afin de pouvoir écrire.
Boire de l'amour est beaucoup plus agréable et parfumé.
Boire des pays laisse parfois un gout amer, boire des gens n'est pas sans danger.
Sourire et amitié
THierry
Amitié,
PAT
et ensuite bel hommage à Claude Lévi-Strauss
amitiés
Denis
Cette émission était un régal et mon texte a été écrit pour la prolonger .
A très bientôt,
Amitiés
Le bonjour à Fabienne,
PAT