Mardi 26 janvier 2010
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Par Patrick FORT
Comment Ecrire ?
L’« ingrédient » et les « accessoires »
Voilà c’est décidé : aujourd’hui vous allez préparer une bonne garbure ! Il fait un froid de canard et ce plat qui tient au corps est de circonstance, vous dîtes vous avec sagacité.
Vous vous jetez sur « La cuisine facile », vous trouvez la page où tout vous est expliqué de A à Z, photos à l’appui, et vous emportez l’ouvrage avec vous, enthousiaste et assuré de
triompher.
Pour réussir cette recette, posséder les bons ingrédients sera bien sûr nécessaire (le contraire serait, vous en conviendrez aisément, quelque peu gênant…). Vous établissez une liste précise de
ce qu’il vous faudra puis vous sortez pour faire les courses.
Revenu chez vous, vous disposez tout sur la table puis, avant de vous lancer, vous sortez les accessoires indispensables, de la cocotte minute à l’économe, sans oublier l’égouttoir, les
couteaux et les récipients divers.
Vous suivez scrupuleusement les consignes, étape par étape, surveillez les temps de cuisson, le téléphone sonne mais vous ne répondez pas car vous avez mieux à faire.
Au bout de deux heures trente, vous êtes épuisé, vous vous demandez si la garbure sera réussie ou pas mais après tout, peu importe, car ce qui compte, c’est la fierté d'avoir relevé ce défi.
Plus tard, quand vous maîtriserez le plat, vous pourrez en changer certains ingrédients, en ajouter d’autres, l’améliorer, lui ajouter une touche plus personnelle et vous affranchir de la recette
première.
Puis avec la pratique, vous vous améliorerez : votre garbure sera légendaire et vos amis se battront pour venir la déguster.
Et si pour l’écriture c’était du pareil au même ? Dans le fonds, ce ne doit pas être très compliqué...
Suivre une recette…appliquez des conseils de préparation… « connaître le secret de grand-mère qui changera tout »…
Bien sûr que non ! Ne croyez jamais ceux qui vous prétendent le contraire !
Et je vous rassure : je n’ai nullement l’intention de comparer l’écriture à la cuisine…même si ce préambule a pu vous le laisser supposer un instant…
Car s’il existait des recettes, des ingrédients miracles pour bien écrire cela se saurait.
Bon, maintenant, il est vrai qu’entre un bon civet et un sonnet réussi, choisir peut s’avérer difficile…mais c’est un autre problème…
« Il y a autant de façons d’écrire que de gens qui écrivent » me disait un jour mon ami Thierry Benquey. Cette phrase résume à merveille la conception de l’écriture qui devrait primer. Autant
d’écrivains que d’écritures ; personne n’a jamais raison ou alors tout le monde à tort, ce qui revient au même après tout…
Le seul « ingrédient » commun à toutes celles et ceux qui écrivent est la matière brute : le langage, le vocabulaire, les mots.
Notre rapport à l’écriture est conditionné par eux.
Et pour le reste, pour les « accessoires » utilisés, ils varient selon les uns et les autres et surtout, ils s’adaptent à nos pratiques d’écriture
Aussi je ne parlerai de ceux que j’utilise qu’à titre d’exemple.
Ne vous attendez à rien d’autre.
L’ « ingrédient » et les « accessoires » sont liés.
Car écrire c’est aimer les mots pour la richesse qu’il véhicule, pour les idées qu’ils défendent, pour les nuances qu’ils
dessinent, pour leurs sonorités, leur musique aussi.
Aussi pour en apprendre un peu plus sur eux, pour enrichir et nourrir mon écriture, pour connaître
l’histoire des mots, leur origine, leurs sens, j’utilise le Robert et un site Internet fascinant : Le Littré en ligne.
J’aime consulter l’un et l’autre sans idée précise, m’arrêter au hasard sur un mot par simple curiosité.
Et parfois, au détour d’une définition, une idée surgit…
Je me sers très souvent également d’un « dictionnaire des synonymes » et d’un dictionnaire des « antonymes ». Lorsque j’écris mais aussi lorsque je n’écris pas.
Il en existe sur Internet. Deux liens qu’il m’arrive de consulter : Synonymes et Le Dictionnaire
L’orthographe, les règles grammaticales, la syntaxe…quand on écrit, il convient de les respecter, même si ne pas les respecter, les détourner, les malmener peut-être aussi une façon d’écrire…
Le vérificateur d’orthographe de Word est une calamité et induit souvent en erreur…
Je consulte souvent un manuel de grammaire que j’ai gardé à la fin de ma scolarité et ce bon vieux Bescherelle. Quand j’ai un doute, je me rends sur ce site, Grammaire reverso, que j’ai mis dans mes favoris. J’en ai découvert un autre, très utile également et que je vous recommande vivement :
Améliorer son français
Dernier accessoire : le support pour écrire.
J’en utilise principalement deux : un bon vieux traitement de texte sur mon ordinateur portable et un carnet Moleskine noir dans lequel je note au crayon à papier mes idées, des phrases, des
ébauches…
J’écris parfois dans un cahier d’écolier, avec de belles lignes pour guider l'écriture.
« Le Phare » a été écrit ainsi, « à la main », avec moult ratures, gribouillages et déchiffrages pour se relire.
Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients et j’aime alterner entre les deux pour ne pas m’enfermer dans une seule pratique d’écriture, réduire l’écriture à un simple écran et un clavier
ou enfermer les histoires dans un carnet dont le contact me rassure.
Le traitement de texte permet de reprendre la construction des phrases, de déplacer les mots, d’écrire à en
perdre haleine mais j’aime également le contact physique de mon écriture avec le papier, noircir des pages. L’écriture n’est pas la même, le sens des phrases change et il n’est pas toujours
facile d’expliquer pour quelles raisons…
Trouver le juste équilibre entre ces deux supports ne peut qu’aider à écrire.
Je crois. Mais je n’en suis pas sûr.
Intituler une catégorie « Comment écrire ? » quand on est sûr de rien, finalement ce n’était peut-être pas une si bonne idée…
Non ?
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Publié dans : COMMENT ECRIRE ?
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