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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /2009 15:47

Par PAT DE BIGORRE

Au départ, j'avais l'intention de consacrer un article à un livre culte, un de ceux que j'emporterai sur une île déserte : "Walden ou la vie dans les bois" de Henry David Thoreau. Cet ouvrage majeur dans la littérature fera l'objet d'une autre critique.
Car j'ai relu hier soir "La désobéissance civile"... et ne pas vous en parler était inconcevable.



« La désobéissance civile » de Henry David Thoreau

(essai télécharchable GRATUITEMENT ET LEGALEMENT !
Rendez-vous à la fin de cette chronique pour accéder directement au lien)


« Tous les hommes reconnaissent le droit à la révolution, c’est-à-dire le droit de refuser fidélité et allégeance au gouvernement et le droit de lui résister quand sa tyrannie et son incapacité sont notoires et intolérables ».

En 1846, l’écrivain américain Henry David Thoreau passe une nuit en prison pour avoir refuser de payer ses impôts pendant six ans. L’Etat du Massachussets approuve l’esclavage, finance, appuie et participe à la guerre au Mexique. En total désaccord avec ce gouvernement, Thoreau va au bout de ses idées, s’oppose et choisit de dire « non » par un acte logique (il refuse de financer la politique de l’Etat dans lequel il vit vu qu’il est en désaccord avec cette politique là) et non-violent (il ne prend pas les armes et ne verse aucun sang).
S'appuyant sur cette expérience, il développe et donne assise à un concept novateur : « la désobéissance civile ».
«Civil Disobedience », publié pour la première fois en 1849, est un essai  aux résonances actuelles et qui a inspiré, entre autres, Gandhi et Martin Luther King. 160 ans après, ce qu’écrivait Thoreau est toujours d’une justesse inouïe et d’une pertinence rare.

 « La désobéissance civile » de Henry David Thoreau est un de ces livres que tout le monde devrait lire et relire sans modération.
L’auteur nous invite à ne pas nous contenter de toujours suivre passivement le reste du troupeau. Rien de pire que le politiquement-correct dirait-il aujourd'hui en observant notre monde. « Il existe des lois injustes : consentirons-nous à leur obéir ? Tenterons-nous de les amender en leur obéissant jusqu’à ce que nous soyons arrivés à nos fins – ou les transgresserons-nous tout de suite ? En majorité, les hommes, sous un gouvernement comme le nôtre, croient de leur devoir d’attendre que la majorité se soit rendue à leurs raisons ».
Dans « La désobéissance civile », Henry David Thoreau analyse de nombreuses thématiques (l’Etat, la démocratie, l’argent, le commerce, la Justice…) et les envisage sous l’angle de l’individu et des rapports qu’il entretient face à la masse. « Un homme qui aurait raison contre ses concitoyens constitue déjà une majorité d'un ».
Thoreau affirme le droit inaliénable que tout individu a de s’opposer à un gouvernement, à des lois, à des concepts idéologiques dès lors qu’il les juge inacceptables, injustes ou dangereux.
Car ce chef d’œuvre de résistance pragmatique affirme la liberté d’agir envers et contre tout dès lors que la cause justifie cette ligne de conduite.  
Les textes universels sont ceux qui dépassent le contexte historique, la période durant laquelle ils ont été écrits et qui nous parlent à travers les époques. Ainsi en est-il de « La désobéissance civile ».
Thoreau est attaché viscéralement à la liberté individuelle. Ce qu’il écrivait en 1849 est intemporel. « Je crois que nous devrions être hommes d’abord et sujets ensuite ». Il ne conteste pas la notion de gouvernance mais avance notre droit absolu à la contester, à la remettre en question quand nous le jugeons nécessaire. Désobéir permet ainsi de rester vigilant face aux lois iniques et de ne pas s’y soumettre. « Sous un gouvernement qui emprisonne quiconque injustement, la véritable place d’un homme juste est aussi en prison ».

« La désobéissance civile » a connu plusieurs interprétations rendues possibles par la grande richesse de cet essai.
Certains y ont vu un plaidoyer anarchiste, un bréviaire libertaire ; d’autres y ont perçu le développement d’une philosophie ultra-individualiste ; d’aucuns y ont décelé une incitation à la dissidence systématique. 
Je ne sais qui a raison ou qui a tort.
Pour ma part, j’y lis toujours un précepte : une action individuelle quand elle est juste et raisonnée profite toujours aux autres. Et encore plus quand ils sont aveuglés par l’Etat qui les gouverne.


Pour télécharger, imprimer (et lire !) l'essai "La désobéissance civile" de Henry Thomas THOREAU,
Cliquez simplement sur ce lien.

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