DESOLATIONS
« La forêt des Landes de Gascogne (en gascon las Lanas) est un massif forestier du Sud-Ouest de la France.
Il est le plus grand d'Europe occidentale.
Contrairement aux idées reçues, la forêt des Landes est millénaire et d'origine naturelle.
La forêt des Landes (appelée Landes de Gascogne, et autrefois Landes de Bordeaux) s'étend sur une grande partie des départements français des Landes et de la Gironde. Elle déborde également sur
le département de Lot-et-Garonne. Le massif des Landes donne naissance à quelques fleuves (la Leyre, le Boudigau, etc.) et des rivières (le Ciron, le Gat mort, etc.).
Les villes importantes se situant à proximité sont Bordeaux, Mont-de-Marsan, Dax et Bayonne. Le massif forestier est baigné à l'Ouest par l'océan Atlantique (golfe de Gascogne) . Le littoral
ainsi constitué porte le nom de Côte d'Argent.
Les plantations sont principalement constituées de pins maritimes. D’autres essences cohabitent cependant avec le pin, parmi lesquelles le chêne, présent sous plusieurs formes :
- dans les forêts longeant les courants landais, exutoires des grands lacs et étangs, le chêne pédonculé ou chêne blanc reste l’espèce dominante
- le chêne tauzin ou noir est caractéristique de l’airial
- le chêne-liège cohabite avec le pin sur le littoral sud des Landes (à partir du Pyla, et tout particulièrement en Marensin)
- le chêne vert est parfois présent sur le littoral nord des Landes (de la Pointe de Grave au Cap Ferret) »
Source Wikipédia.
Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2009, une tempête a détruit 60 % des 1 000 000 d’hectares de la forêt landaise.
A mon grand-père, Georges DUBOSCQ
DESOLATIONS
Le carnage se répète à l’infini et se décline de désolations plaintives en désolations
rugissantes.
Aujourd’hui seulement, sept jours après le désastre, nous avons osé revenir vers toi.
Les stigmates recouvrent ta chair martyrisée et ton corps gît nu au milieu de l’étendue désolée, enseveli sous
un enchevêtrement de branches cassées, de pins déracinés et de fougères piétinées.
Tes blessures béantes violentent les regards de celles et ceux qui pleurent ta perte et reviennent vers toi, le
cœur serré et l’âme lourde.
Nous scrutons sans trop y croire ce désastre qui t’a défiguré pour longtemps ; nous pleurons ces troncs
déchiquetés et livrés aux brisures du vent ; nous enrageons sans mot dire au spectacle de ces cimes esseulées qui surplombent ce chaos infernal.
Mais sache que tout renaîtra.
Nos pas peinent pour se frayer un passage au milieu des ornières engorgées de pluie. Nous ne reconnaissons plus
rien et nous errons, amnésiques, en quête de ces paysages familiers, de ces senteurs oubliées et de ces bruissements imperceptibles.
Privés de repère, luttant pour ne pas nous perdre, dépossédés de ton éblouissement aveuglant, nos têtes se
baissent et nos fronts sont brûlants.
Les animaux que tu abritais sont pour la plupart morts. Les plus chanceux ont déserté ce monde terrifiant du
silence pour se réfugier dans des recoins souillés, pour se cacher à l’abris du regard des hommes, pour se blottir dans le creux des crevasses froides.
Mais sache que tout renaîtra.
Nous panserons tes plaies sanguinolentes jusqu’à l’épuisement ; nous te soignerons avec ferveur et dévotion ;
nous veillerons à ton chevet, nuit après nuit ; nous nous relaierons, jour après jour, pour écouter les battements de ton cœur convalescent.
Oui, sois persuadée qu’un jour, tu te relèveras, hésitante mais toujours vivante.
Nos mains amoureuses te reboiseront, arbre après arbre, et tu retrouveras au fil du temps ta beauté
saccagée.
Oui, sache que tout reviendra.
La terre meurtrie renaîtra au milieu de la grisaille poisseuse et toi, forêt, tu nous parleras à nouveau, tu
nous chuchoteras dans le creux de l’oreille des secrets que nous ne percerons jamais.
Immortelle, tu te réapproprieras cet espace aujourd’hui dépecé, écorché et éviscéré par une tempête
insatiable.
Les chevreuils, les biches et les sangliers reviendront dévaler au milieu des chemins creux et guetteront la
respiration des hommes.
Les grives, les pics-verts et les rouges-gorges chanteront à nouveau pour te charmer et leurs mélodies
résonneront dans les sous-bois feuillus transpercés de lumière.
Les palombes, les faisans et les bécasses se déroberont encore à ceux qui les chassent et s’essoufflent à
parcourir tes sentiers sauvages envahis par la bruyère et les genêts.
Jour après jour.
Semaine après semaine.
Mois après mois.
Année après année.
Sache que ta sève coulera à nouveau dans nos veines.
Car nous sommes toi et tu es nous.
La forêt se relévera mais ici elle commençait juste à se soigner de la tempête de 1999. Et celle que nous venons de vivre a été plus violente encore...
Ma réponse n'était nullement une tactique pour avoir un commentaire de plus (sourires).
oui la symbiose avec la nature nous apprend à mieux être.
Amitié.
PAT
La nature ayant horreur du vide et surtout de laisser une terre désolée viendra reconquérir son bien.
En 1999, j'habitais à deux pas s'une réserve naturelle. Après la tempête, les arbres étaient couchés, les animaux s'étaient tus. Nous avions tous le coeur gros à l'idée que ce petit poumon sauvage avaient été démoli...
Les hommes sont venus retirer les débris au sol et les arbres trop dangereux qui menaçaient de chuter. C'est tout.
L'année d'après, j'ai entendu les chouettes hulottes revenir s'intaller. J'ai vu des martins pêcheurs ré-investirent les berges que nous pensions désormais stériles .
En 2001, la petite faune était revenue sur ses terres.
En 2008, lorsque je suis repassée dans cet endroit, j'ai retrouvé l'esprit de la réserve que je connaissais.
Elle était ressucitée même s'il manquait des Vénérables qui n'avaient pas résisté!
Sandy
merci pour ce message d'espoir et de réconfort.
Amitiés.
PAT
Très joli texte pour décrire cette souffrance de la nature et des hommes, devant ce carnage.
Cette tempête à mis en oeuvre toute sa force destructrice, pour terrasser la forêt Landaise.
Elle laisse derrière elle, une terre ravagée, où les arbres plusieurs fois centenaires sont déracinés, cassés, pliés.
La cicatrice sera longue à s'effacer dans la nature et dans le coeur des hommes.
Avec le temps, la forêt se remettra de ses blessures, et se redressera dans le ciel, la majestueuse forêt Landaise.
Amitiés.
dédé.
patience, amour, travail et une (grande) dose de solidarité et tout recommencera.
Amitié
PAT
amitiés
yannick
rassuré de noter encore une fois que tu comprends le sens de tout ce que j'écris.
Amitiés.
PAT
Amitié
Thierry
l'avenir nous le dira.
mais la forêt landaise a ses particularités qui ne sont pas celles de la forêt noire (essences différentes, sol différent, climat différent). pour autant, se servir des expériences des autres en les adaptant permet d'explorer des hypothèses et de réfléchir à ce qui est le mieux. ce sont près de 1 million de mètres cube qui sont par terre et le pin pourrit vite. et les risques d'incendie à venir vont être préoccupants.
et autrement mon texte t'a plu ?
amitié.
PAT
Il me fait penser à l'un de mes poème: Tourne le temps.
http://www.art-et-litterature.com/article-19927816.html
Amitiés.
je lirai le texte que tu me conseilles au plus tôt.
Amitiés.
PAT
Je les connais ces landes , mes landes , les forêts , je peux pas encore voir , je ne veux pas.
Merci pour ce texte inspiré et émouvant.
Ami Laurent, tout reviendra !
amitiés.
PAT