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Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /2008 15:45

Par PAT DE BIGORRE
La littérature : fer de lance pour une nouvelle blogosphère ?

Je le reconnais : le titre peut sembler « accrocheur » voire « présomptueux ».
Je n’ai pas l’intention de me lancer dans un discours messianique ou de sombrer dans un moralisme douteux et surtout incongru.
Humble et terriblement subjectif : tels sont les deux qualificatifs que je revendique.
Je ne me sers que de mon expérience.
C’est donc plutôt une vision idéalisée.
Et un idéal par définition est ce à quoi l’on aspire mais que l’on n’atteint jamais. 
La littérature, dans son acceptation générale, peut donner l’exemple et corriger certains travers de la blogosphère qui m’irritent souvent mais qui, je vous rassure, ne m’empêchent pas de dormir.

Le monde ne tourne pas autour de soi. Pour beaucoup, c’est une révélation douloureuse qui détruit le masque narcissique qu’ils arborent pour que l’on s’intéresse à eux.
Nombrilisme quand tu nous tiens…
Je ne vilipenderai pas ce désir parfois maladroit d’être aimé ou reconnu, de briser la solitude et ainsi d’exister.
Je ne critiquerai pas ce fabuleux support que représente Internet et qui permet à tout un chacun de s’exprimer, de parler de sa passion, de proposer ses écrits.
Mettre en ligne un poème demande du courage. Parler d’un livre que l’on a aimé est plus délicat que d’évoquer le dernier widget à la mode ou la carte-vidéo dernier-cri.
La littérature a une dimension personnelle, affective qui implique toujours une prise de risque.
Diffuser une vidéo « You Tube » sur les seins de la dernière starlette à la mode ou sur Nicolas Sarkosy se curant le nez attirera un grand nombre de visiteurs mais la prise de risque, vous en conviendrez sera plus limitée.
La littérature est par définition la candidate rêvée pour la Palme d’Or du nombrilisme ambiant qui règne dans la blogosphère, dans ce souci constant qu’elle a de vouloir attirer les regards. Pour exister, l’écriture a besoin d’être lue, aimée, choyée, dorlotée….Car écrire part de soi mais n’est rien sans « l’autre ».
Mais elle peut s’affranchir de ce danger qui la guette, s’efforcer de contourner ce penchant naturel en s’intéressant justement à « l’autre », en favorisant l’échange, le partage et la communication. Si vous avez aimé une critique, un blog, une nouvelle, un poème : dîtes le  et mettez en avant les « autres » !
Croire que l’on peut se passer de commentaires est illusoire. Un blog se nourrit de commentaires mais il faut se garder de les rechercher à tout prix et de mener une quête obsessionnelle.
La problématique du commentaire est plutôt à envisager sous l’angle de la sincérité. Flatter pour être flatté en retour n’a pas grand intérêt. Quand on me laisse un commentaire, je trouve normal de remercier, d’y répondre et de rendre visite à celle ou celui qui m’a lu.
Un commentaire n’est pas une récompense mais plutôt un encouragement à poursuivre, à persévérer…
J’aime beaucoup la réponse que mon ami Thierry avait faite sur son site à mon ami DD La Plume quant aux commentaires perdus suite à des problèmes techniques : « Je voulais juste te dire que vos commentaires ne sont pas affichés ici comme des trophées dans le salon d’un chasseur mais qu’ils illuminent ma vie d’auteur l’instant où je les découvre ».
« Lire, écrire et en parler avec le plus grand nombre » permet d’ouvrir des horizons, de s’enrichir et surtout d’aller voir « ailleurs ». Pour apprendre surtout et s’améliorer.
Rester seul dans son coin ne sert à rien et nourrira, à court terme, la frustration de celles et ceux qui s’enferment dans leur tour d’ivoire.
Je n’aime pas le terme « réseau », l’élitisme que cela sous-tend, les codes qu’il faudrait posséder pour y entrer, se faire accepter par la communauté. Et les jugements de valeur qui y sont véhiculés et qui sont renforcés par l’obligation d’être initié qu’elle suppose.
Lorsque je me promène sur certains blogs, je me dis « Ils ont l’air de bien s’amuser entre eux alors laissons les tranquilles ». La lettre de recommandation n’est parfois jamais bien loin pour avoir le droit de participer à la fête. Un bon mot dans « l’esprit de la maison » vous ouvrirait à coup sûr la porte du « réseau ». Vous le pressentez alors vous passez vite votre chemin, même si cela vous semble idiot, car, à y bien réfléchir, vous ne risquez rien.
Plutôt que « réseau », je préfère « partager autour de centres d’intérêts communs »
avec simplicité, humilité, passion et curiosité.

Dans la première partie, « La littérature : parent pauvre de la blogosphère ? », j’avançais l’idée, admise par le plus grand nombre, que la littérature était un peu oubliée et difficile à promouvoir sur Internet.
Je vous invite à lire le billet de Thierry : « Réponse à Pat de Bigorre ».
Le projet qu’il propose ravira les passionnés de littérature et d’écriture. Plus nous serons nombreux à y participer plus il aura de chances d’aboutir. Le soutien de toutes et de tous est primordial. Toutes les bonnes volontés seront les bienvenues.
L’idée de Thierry est l’exemple parfait de ce que peut-être la blogosphère.
La littérature doit œuvrer pour faire entendre sa voix, interroger et critiquer.
En mettant en avant les notions de partage, d’échange, de collaboration.
En rejetant tout sectarisme intégriste, tout nombrilisme atermoyant, tout intellectualisme dédaigneux.
Idéaliste ? Sans l’ombre d’un doute. Mais je crois malgré tout qu’en défendant et en appliquant les quelques principes exposés, la littérature peut être le fer de lance d’une nouvelle façon d’appréhender la blogosphère.
Pour non pas la changer mais espérer seulement  l'améliorer.


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