Jeudi 6 novembre 2008
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15:46
Par PAT DE BIGORRE
La littérature et les blogs
-1ère partie -
Enfoncer des portes ouvertes est à la longue éreintant quand on a l’immodestie de vouloir changer les
choses.
Je m’étais juré de ne plus jamais donné mon avis sur les blogs.
Pour autant, je me hasarde à nouveau sur un terrain délicat, en écho à l’excellente série d’articles de Thierry Benquey (TO BLOG OR NOT TO BLOG ? ; RESULTAT DES COURSES ; ON
ARRÊTE PAS LE PROGRES ) consacrés à cette épineuse question : Quelle place peut avoir la littérature dans la blogosphère ? :
Mon point de vue est purement subjectif et n’a donc aucune ambition particulière. Il se nourrit que de ma propre expérience.
La littérature est-elle le parent pauvre de la blogosphère ?
La littérature n’est pas a priori le parent pauvre de la blogosphère.
De nombreux sites parlent de littérature, de livres, d’édition et de nombreux écrivains mettent en ligne leurs textes, nouvelles et
poèmes.
L’engouement pour l’écriture et le livre est bel et bien réelle.
Paradoxalement, a littérature n’a pas une place aussi importante que le Web 2.0, les nouvelles technologies, le design, l’actualité, la musique, le cinéma
et autres thématiques mais dire qu’elle n’existe pas serait erroné.
Le problème vient plutôt du traitement qui lui est réservé et des canaux dont elle dispose pour être mise en avant ou se émerger dans la multitude. Et là,
force est de constater, quelle est reléguée au fonds la classe.
Un exemple à mon sens révélateur :
- BLOGASTY, le seul digg-like que j’utilise. Blogasty m’a permis de découvrir de nombreux blogs et
de faire ainsi de belles découvertes. En retour, un grand de visiteurs ont connu mes nouvelles grâce à Blogasty et me font l’amitié de me lire régulièrement. Par contre, quand je poste un texte
sur Blogasty, la seule catégorie dont je dispose est « Divers ». Et c’est agaçant. Ma nouvelle « Le phare » côtoie
par exemple des article consacrés à la masturbation chez les éléphants, à Mistergoodeal et les promos sur les pneus, au dernier scanner en 3D, aux meilleurs plans pour voyager, aux envies de
fraises chez les femmes enceintes…
La littérature a du mal à trouver sa place et doit déployer plus d’efforts pour se faire entendre. Elle doit s’adapter aux contraintes de lecture d’un
blog, ce qui est pour elle une difficulté supplémentaire.
Lire sur Internet est difficile pour qui aime lire. Le contact physique avec le support écrit manque. L’attention d’un lecteur se délite au bout d’une
trentaine de lignes et si vous écrivez une nouvelle de 10 pages, vous voyez contraints de la « saucissonner » lors de sa mise en ligne pour retenir l’attention et ne pas courir le risque de
lasser.
10 lignes copier/coller en quelques minutes sur le dernier gadget à la mode auront plus de chances d’être lues que la critique du dernier roman de John Le
Carré que vous aurez passée deux heures à rédiger.
La littérature ne combat pas dans la même catégorie. Tout simplement.
Elle s’adapte tant bien que mal avec les moyens du bord mis à sa disposition et doit multiplier les efforts pour prouver qu’elle n’est pas réservée qu’à
des initiés.
Attirer un lectorat qui ne fera pas l’effort de revenir si la première impression est négative demande beaucoup d’énergie.
Le découragement peut vous guetter quand vous comparez le temps passé et les résultats recueillis.
Le risque est alors d’écrire pour entretenir son blog, de vouloir l’alimenter à tout prix, de sombrer dans le "sur-mesure" et à court terme de
s’égarer.
La littérature ne doit pas chercher à s’adapter à tout prix aux contraintes de la blogosphère. Elle doit se démarquer de ces contraintes pour s’en
affranchir et donner l’exemple de ce que peut-être une autre blogosphère.
Tel sera l’objet de la deuxième partie de cet article :
La littérature, fer de lance pour une autre
blogosphère ?
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Publié dans : POUQUOI ECRIRE ?
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