Mardi 30 juin 2009
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11:58
Par PAT DE BIGORRE
LE PHARE
Découvrez un extrait de la nouvelle "Le Phare",
nouvelle que vous pourrez découvrir dans mon futur recueil :
"Le sang des chaînes"
à paraître au mois de septembre 2009
aux Editions Le Solitaire
Le Phare
18 juin
Sans réfléchir outre mesure, j’ai saisi l’opportunité
inespérée que l’on m’offrait.
Après une brève présentation de ce que l’on attendait
de moi, j’ai accepté ce poste de gardien de phare, sans avoir la certitude de correspondre vraiment au profil recherché, biaisant sur mes compétences exactes, répondant évasivement aux
questions et surpris de m’en sortir au final à si bon compte.
Trop heureux de l’aubaine, je n’ai pas cherché à
négocier le modeste salaire proposé. J’ai paraphé et signé, sans le lire, le contrat que venait de me remettre l’employé du « Service des Phares et des Balises ». Surpris, il m’a
dévisagé plusieurs secondes puis a réajusté la monture de ses lunettes écaillées avant de ranger minutieusement le document dans une chemise cartonnée. J’eus le temps d’y lire mon nom,
écrit en lettres majuscules. Cet entretien formel n’était en réalité qu’un simulacre : leur décision était déjà prise avant que je ne les rencontre.
Derrière le masque imperturbable qu’il composait
devant moi, je discernais malgré tout le léger trouble qu’il tentait de contenir. Je fixais ses mains soignées, ses doigts noueux qui tambourinaient sur la surface lisse de son
bureau.
Ma migraine me reprenait, la pièce sentait la
naphtaline et je voulais sortir d’ici.
À travers la fenêtre aux carreaux salis par la pluie,
j’apercevais un parc ombragé aux allées délicatement dessinées. Le vent frémissant effleurait les branches des chênes et les timides rayons du soleil perçaient à travers le
feuillage.
Un raclement de gorge de l’employé me tira à regret de
cette douce rêverie. J’avais oublié les raisons de ma présence en ces lieux. Les ultimes recommandations qu’il prononça me rétablirent à nouveau dans la réalité. J’écoutais un peu
distrait, retenant un bâillement mal venu et cachant mal l’ennui manifeste que j’éprouvais.
Je fixais ses lèvres gercées et de son discours à la
gravité solennelle, marqué de temps à autre par de pesants silences, je ne retins que quelques bribes saisies à la volée :
« …satisfait de votre accord…dès demain si vous le
souhaitez…remplacer le gardien titulaire…dépression post-traumatique inexplicable…hôpital psychiatrique…vent violent…pluviométrie pour nos statistiques…juste une habitude à prendre au
bout du compte…balivernes…Georges sur place…dernières consignes… ».
Mon esprit était tourné vers cette solitude à venir
dans laquelle je voulais m’enraciner. Avec une force brutale, elle m’attirait comme un aimant. Je savais que ma guérison passait par cette étape vitale : loin du monde, réfugié dans ce
Phare construit entre mer infinie et forêts à perte de vue.
Mon corps réclamait de se ressourcer, de se fondre
enfin au cœur de cette nature généreuse et bienfaisante.
Pour tenter d’accepter et de surmonter le drame que je
venais de vivre, ce Phare était peut-être l'endroit idéal pour guérir. "
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Publié dans : Le Phare
La grande solitude comme thérapie, tentant mais éventuellement décevant dans la pratique et voire dangeureux à la longue...voilà qui va donner du suspens au récit
Amitiés
Tu verras "le Phare" est une nouvelle "surprenante...
Amitiés,
PAT
Et oui, comme l'écrivait Musset :
"Les plus désespérés sont les chants les plus beaux
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots "
Néanmoins, je crois qu'il faut dépasser ce stade, prendre du recul...pour rebondir ! L'écriture se nourrit de beaucoup d'autres choses !
Je te remercie pour tes beaux compliments qui me font plus talentueux que je ne le suis vraiment...
A très bientôt Marie !
PAT
Mon Dieu ! J'espère que tu ne vas pas nous laisser longtemps sans la suite de cette aventure.
Les décors, l'ambiance, tout me plait.
Je trouve particulièrement bon ce court 6eme chapitre qui laisse le lecteur la bouche ouverte, pret à tout lire, à tout croire.
Merci
Le phare semble hanté et habité de quelques fantômes. A moins que son gardien, déjà fragile, ne perde la raison ?
L'auteur nous laisse peu à peu absorbé par ces évênements déroutants.
Amitié.
Est-ce la réalité ou les hallucinations d'un esprit tourmenté?
Les questions qui viennent au lecteur troublantes...
Folie ? Réalité ?
Je déguste ce grand morceau de Patrick Fort
Amitié
Bonjour Pat,
L'homme du phare subit-il des hallucinations délirantes, ou vit-il des moments de réalité déroutante?
L'auteur raconte le drame qui perturbe le gardien, et dont la tragédie brisa son équilibre psychique.
Cette nouvelle est captivante.
Amitié.
ddlaplume le 26/09/2008 à 06h20
On commence enfin à connaitre le début de l'histoire.
Du Patrick fort tout craché!
J'adore...
Par contre je lève mon chapeau au maitre. Je n'avais aucune idée de là où tu voulais nous mener... Merci l'ami
Thierry
Thierry Benquey le 25/09/2008 à 15h56
Presque déçu moi aussi que ça soit fini
L'auteur a su décrire ce sujet avec une lucidité étonnante. Les mots pour la dévoiler ne manquent pas de délicatesse.
Amitié.
amitiés
yannick
Tu as raison expliquer le phare n est guére facile.
Je confirme que c est avec la lettre ma nouvelle préférée.
Comme tu le dis si bien ça fout les miquettes quand même!!!!
Captivé de bout en bout par cette brillante et puissante nouvelle, cher Patrick. Tu la mènes de main de maître, jusqu'à cette fin vraiment surprenante qui donne ici toute la mesure, je crois bien (sur ce registre si sensible et tragique d'une profonde félure) de ton art consommé de la narration. Il y aurait à coup sûr bien à méditer sur des "clés", ou des signaux suggérés, peut-être un peu comme les quatre "flashs" de la puissante lumière du phare. Le sens des mots, de la langue, leurs limites pour parvenir à dire ce qui serait d'un insupportable ravageur, destructeur, pour saisir la marge des confusions entre rêve et folie... oui, le destin de cet ex prof de français ravagé, projeté en tragédie sur l'imaginaire en gardien de phare... d'une mémoire intime fracassée. Formidable thème, ici, pour un écrivain! Ah, merci, cher Patrick, de nous donner à lire avec autant de plaisir cette nouvelle étourdissante, aux puissants échos. Plus que jamais ici, je salue ton brio.
Bien amicalement,
Christian
le 30/09/2008 à 14h50
Amitiés.
PAT
Félicitations.
A bientôt.
Cordialement,
PAT
De bout en bout la nouvelle est menée de main de maitre.La chute est imprévue . J'avoue m'être attendue à toute autre chose.Quel cheminement dans ce monde de la folie!
Une seule inquiétude :Arnaud et Pat n'ont rien à voir?
Tu vas très bien? J'espère!
J'ai tout lu d'un trait et je suis "pompée"! lol
Je découvre, fier, impressionné, flatté, touché et ému les 9 commentaires laissés sur mon blog à la suite de ma nouvelle "Le Phare". Comment te remercier pour ta gentillesse et tes commentaires toujours si enthousiastes et plein de sagesse ? J'ai une chance incroyable et l'apprécie avec gratitude. Je suis ravi de savoir que tu as apprécié cette nouvelle.
Et pas d'inquiétude...Je vais bien...
je t'embrasse et te remercie encore et encore.
Amicalement,
PAT
Je ne sais comment te remercier pour ta lecture et tes commentaires. je suis fier que le Phare t'ai plu autant.
Si tu le souhaites, je peux t'adresser la nouvelle par mail. Je cherche à proposer mes textes au format PDF mais ne sais pas trop comment m'y prendre. je dois creuser.
J'ai visité ton site et je reviendrai te lire au plus tôt. J'aime l'univers que j'ai découvert et l'ambiance si particulière qui se dégage. je vais rajouter ton lien sur mon site.
merci encore...
PAT
ta visite a enbelli ma journée...
Amicalement,
PAT
Je t'ai décerné un "prix"...Si le coeur t'en dit, viens voir sur mon blog le mode d'emploi. Amicalement. DJU770
Amitié
La description de la nature est saisissante de beauté. L'auteur nous la développe avec talent et une grande sensibilité.
L'homme en souffrance tente de fuir les images qui le hantent. Le gardien du phare entre dans une phase de délire obsessionnel.
Bravo pour le réalisme de cet écrit, concernant cette maladie dévorante.
Amitié.
dédé.
Reprise de ce délire hallucinatoire! Pas étonnant que le précédent gardien soit devenu fou!
Entre ciel et mer, le gardien se trouve dans l'endroit le plus efficace pour la méditation.
Dans cet environnement clos, il se sent libre au milieu de cette nature tant aimée.
L'homme, dans son isolement, crie son désespoir, au milieu de cette tempête et des éclats du phare.
Les phrases sont très émouvantes et d'une beauté exquise.
Amitié.
dédé.
Et puis...le clash! Intensité de contraste de la terreur ...
Impressionnant ce séjour dans les hauteurs face à la bourrasque!
Puis grand art du feuilletonniste! quelques mots! le drame...
Cette fois le souffle n’est pas coupé a cause des marches… une description poétique excellente en opposition au deuxième jour décrit, ou l’angoisse, la peur nous prennent en otage…
Il cri et nous crions avec lui. La porte… oh la la Tant pis … pour ce que je devais faire…je continue aujourd’hui .
J'aime ce ton, cette ambiance, il ne m'a manqué que l'odeur lorsqu'ils sont rentrés dans l'appartement, cette odeur si particulière d'un endroit humide et non ventilé...
Le mystère de la porte laisse deviner ou craindre de futures rencontres.
Bravo Patrick
Amitié
Thierrry
Je rajoute l'odeur dont tu parles. J'aime améliorer cette nouvelle, la rectifier à la lecture des commentaires. Un échange se met en place et je te remercie pour ta suggestion !!!
Amitié.
PAT
A la 183 ème marche, notre héros se retrouve au "paradis", en ayant gardé contact avec le continent.
L'écho et les senteurs de la mer, donnent au lecteur des images trés démonstratives, de l'ambiance qui se trouve à l'intérieur du phare.
Arnaud prend possession de son nouvel "appartement", entouré d'éléments qui demeureront son quotidien.
Pat décrit avec poésie, la nature qui cerne le phare et l'émotion qui saisit le gardien, à la recherche de la guérison.
Amitié.
Astucieuse la façon de nous amener enfin le nom du personnage!
2è indice d'une présence voisine inquiétante!
En haut de la 183è marche va commencer la vie de solitaire .
Sera-elle si calme que prévu?
Soupir que tu ne peux pas entendre de l’autre coté.. de l’écran… j’ai bien fait de n’est pas le lire hier soir. La porte m’aurait fait faire des hypothèses et surement que j’aurais entendu la mienne s’ouvrir… J’aime ton récit, prendre quelques minutes et être la spectatrice de ce qui se déroule.
Bon je suis un peu essoufflée je viens de monter toutes se marches avec Arnaud (sourire)
Je reprends mon souffle et je repasse peut être cet après midi.
hasta luego...
je suis flatté et ravi que cette nouvelle te captive.
Je rougis sous les compliments...
mais que vois-je ? tu as tout lu d'une traite ! et une question : comment te remercier ?
Qu'est-ce donc qui l'inquiète tant?
Déjà la fatigue et l'absence de médicaments commencent à faire leur effet et augmenter la sensibilité exacerbée de notre futur gardien de phare.
Le héros de cette nouvelle recherche un isolement total, pour fuir tous contacts humains.
L'auteur décrit la vie que l'hermite désire, avec une grande sensibilité. Il nous narre ce besoin de vivre entre l'océan et la forêt Landaise, dans une communion parfaite avec la nature.
Un second internement... mais dont les murs seraient le ciel, la mer et la végétation.
Amitié.
Très bon passage descriptif, j’arrive en fermant les yeux grâce à tes mots à peindre le paysage.
J’ai du chercher « airial » je ne connaissais pas ce mot , merci ;-). On sent le malaise du personnage cet envie physique de se débarrasser de son interlocuteur.
Son embarras est contagieux. Par contre j e n’aurais pas du lire ce soir ce passage j’ai encore le frissons de ce bruit mystérieux… Mon imagination me joue des tours… Même si j’ai envie de continuer je laisserai le quatrième pour demain. Bonne soirée
Tout texte, une fois écrit, n'appartient plus à celle ou celui qui l'a écrit. Il vit dans l'esprit des lectrices et lecteurs.
Par ta lecture attentive, ta gentillesse à laisser des commentaires pertinents, merci de permettre à cette nouvelle d'exister.
j'espère que cette 3ème partie ne t'aura pas empêché de dormir (sourires)...
Amicalement,
PAT
PS : ne te formalise pour les "étourderies" que tu évoquais dans un message. j'en commets souvent...(rires)
D'emblée on est pris par l'histoire, dans un style léger et facile à lire. Tous est bien rendu : l'ambiance, les descriptions soignées, l'état d'âme du personnage central", tout parait très crédible.
Je continue.
MERCI ENCORE !!!
Amitié
Thierry
Je m'associe à la peine, à la douleur que tu éprouves chaque 17 septembre...Une pure coïncidence que ce texte paraisse ce jour...J'espère ne pas avoir avivé ta douleur.Si c'est le cas, excuse m'en...
Amitié.
PAT
Chapeau bas.
Si je peux juste ajouter un bémol, dommage pour le "drame épouvantable", la phrase avec les deux prénoms suffisait pour nous faire imaginer plein de choses !
Il est vrai que les éclats lumineux qui déchirent le noir de l'horizon, représentent toujours une admiration et un apaisement pour le marin. Le phare est d'une grande nécessité pour la sécurité, mais il est aussi un soutien moral pour les matelots qui arrivent vers "la terre"; généreuse pour en repos et en plaisirs...!
L'auteur décrit cette visibilité depuis un navire éloigné avec poésie et précision.
Gardien de phare serait peut être une bonne thérapeutie pour le déprimé.
Amitié.
dédé.
Amitié.
PAT
Tu sais, c'est comme les films d'horreur. On a bien plus peur lorsqu'on ne voit pas le visage du monstre... Je trouve que les non-dits rajoutent beaucoup de degrés de lecture dans un texte et laissent place à l'imagination du lecteur, ce qu'il apprécie, en général...
C'est moi qui te remercie.
Cette nouvelle dont je ne peux rien dévoiler laisse une grande part au non-dits. du moins j'essaie. et j'ai commencé son écriture par la fin. ce qui m'a permis d'ajuster beaucoup de "choses".
Le premier, sans doute le plus important , avec le phare, nous est puissamment campé : son état mental prime pour l'instant.
Tristesse profonde, ce personnage qui se bat avec des démons. Qui essaye de s’en sortir. Arrivera –t-il ? Petit sourire choix de la voiture.. ; et les courbatures de ce pauvre monsieur.
Touché et fier.
merci encore.
PAT
PS : la voiture...j'ai mis la première marque qui venait à l'esprit !
De blog en blog je me suis retrouvée chez toi. Après-midi grise , propice pour la lecture. J’ai été conquise d’emblée, Le titré m’ a attiré. Et me voilà impatiente de passer à la deuxième partie. Cette solitude qui imprègne le cadre me fait penser que j’ai viens fait de cliquer et recliquer pour me retrouver emporter par les vagues et le vent qui secoue le dehors et dedans d’un être à découvrir.
Je vais la consommer doucement je repasserai plus tard avec ma tasse de thé.
je te te souhaite d'agréables moments de lecture et ne manquerai pas de venir te rendre visite sur ton site.
Merci encore.
A très bientôt,
PAT
La suite nous le dira.
J'aime les descriptions de tes décors, de tes athmosphères
Contente de retrouver ton style
(ne recevant pas la newsletter, j'ai tardé à lire. C'est réparé!)
D'emblée, me voilà séduit par cette très suggestive mise en situation. Tu nous y invites déjà avec beaucoup de finesse, dans ce qui serait, pour le narrateur/héros, de l' appel d'un "large" (intérieur)si particulier et si fascinant comme peut l'être celui des phares. Solitude, oui, avec peut-être cette ambivalance assez trouble d'un splendide l'isolement, à la fois tour d'ivoire et vue panoramique et profonde respiration au grand air (tiens... comme d'un écrivain... sourire). Avec bonheur, tu donnes à voir déjà ce qui est refus de l'aseptisé (ah, ce bureau administratif) comme ce regard intense sur le lointain proche, de la chère nature en promesse (et cher resourcement...) Là, j'embarque résolument dans ton histoire!
Amitiés.
merci infiniment.
Amitiés.
PAT
Les phares m'ont toujours attiré pour leur emplcement sur les eaux tumultueuses des mers ou des océans.
La vie de ces gardiens solitaires, au milieu de ces éléments agités, ne manque pas d'intérêt.
L'auteur nous fait le récit d'un homme, mal dans sa peau, à la recherche de la solitude, pour mieux faire face à ses difficultés psychologiques.
Amitié.
dédé.