Lundi 9 juin 2008
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14:55
Par PAT DE BIGORRE
CARNET DE ROUTE (III)
Mars à juillet 1916
Mars 1916
Le 2, descendus en réserve (Camp Ribaillet)
Le 6, descendus au repos au camp Juniae
Le 14, occupé les Redons (fortin)
Le 18, les caves de Nieuport (réserve)
Le 22, descendus au repos camp Juniae
Le 30, occupé les 1ères lignes – Petit poste (Nieuwemdansnes)
Avril 1916
Le 3, en réserve à Ribaillet
Le 7, descendus au repos au camp Juniae
Le 11, repos au Camp Juniae
Le 17, occupé les tranchées - Petit poste (Nieuwemdansnes)
Le 18, nommé caporal
Quelles raisons ont poussé les autorités militaires à nommer mon arrière-grand-père caporal ? L’ancienneté sûrement mais je crois
aussi que le soucis de l’autre qui l'animait au cœur des combats, son expérience a du y jouer un grand rôle. Son
courage aussi déjà remarqué avec la Croix de Guerre.
Le 19, relevés par le 251 et descendus au camp Juniae
Le 20, embarqués à Turnes et débarqué à Dunkerque
Occupé le cantonnement de Dunkerque – branchi
GRAND REPOS
Du 20 avril au 10 mai, manœuvres de bataillon et de régiment.
Nouvelle formation.
Verdun demande de la chair fraîche.
Mai 1916
Le 10, remise du titre et citation
Je le vois. Fier.
Le 11, embarqué à Bergue à 4 heures du matin et débarqué à 8 h du soir à Breuteil-ville (Oise)
Cantonnés à Hardivillers.
Manœuvres de régiment et de brigade.
Le 23, parti en permission de 6 jours. Embarqué à Fontaine-Bonneleau (Oise)
Le 25, arrivé à Toulouse.
Le grand repos avant l’horreur absolue.
Dans son carnet de route, c’est la première fois qu’il cite Toulouse. Sa dernière permission avant de partir pour la bataille de Verdun.
Se ressourcer pour mieux replonger dans la guerre.
Juin 1916
Le 1er, reparti
Je devine tout le désarroi caché derrière ce simple mot : « reparti ».
Le 3, passé à St Just, gare régulatrice
Le 4, passé à Chaumont (Haute-Marne)
Arrivé à 1 heure et reparti à 4 h.
Le 5, arrivé à St Dizier puis à Clermont (Argonnes)
VERDUN !!!
Rejoint le régiment au Bois St Pierre, à 12 km du Mort-Homme
« Le sommet du Mort-Homme ressemble par endroits à un dépôt d'ordures où s'amoncellent des lambeaux de vêtements, des armes
mutilées, des casques déchiquetés, des vivres qui pourrissent, des chairs putréfiées. Enfin, je saute dans notre tranchée, mes mains, ma capote, tout sent le cadavre. L'odeur de mort nous est
devenue si familière dans ce secteur de Verdun, qu'elle ne m'empêche pas de manger avec mes mains souillées un croûton de pain que réclame mon estomac affamé. »
Sergent Robert Perreau, jeune sous-officier du 203e d'Infanterie.
Le 6, départ en auto pour l’attaque du Fort de Vaux
« Petit fort Séré de Rivières, ce fort est construit de 1881 à 1884, renforcé à partir de 1888 avec le bétonnage de la caserne,
des voûtes de communication des caponnières et des voûtes de l'entrée.
Le fort est démilitarisé en 1915.
Le fort de Vaux voit sa garnison supprimée, ses deux casemates de Bourges désarmées. Les forts, selon l'Etat Major seraient devenus
inutiles à cause des obus torpilles pouvant en perforer les cuirassements.
Pourtant remparts efficaces contre la progression de l'ennemi... l'Etat Major en prendra conscience un peu tard.
En 1916 le fort est bombardé. La dissolution de la RFV par Pétain entraîne l'envoi d'une garnison fixe qui, du 2 au 7 juin 1916, sous les
ordres du Commandant Raynal résistera à la 50ème division allemande.
Assoiffée et ayant perdu tout espoir de voir arriver des renforts la garnison se rend.
A partir de ce moment le fort va être pilonné par l'artillerie française.
Le 3 novembre 1916 le fort est repris... Jusqu'en novembre 1918, le fort de Vaux totalement réarmé gardera une importance dans la
bataille. »
Le soir arrivés à Tune (grande réserve)
Le 7, parti.
Arrivé le 8 au matin en réserve ; Fort de Tavannes
Le 12, montés en deuxième ligne devant le fort de Vaux.
Le Général Nivelle sacrifie encore et encore des vies humaines. Où était-il pendant le carnage ? Ce ne sont pas les mutins qui auraient du être fusillés.
Le 14, monté en première ligne
Le 15, à midi, blessé et évacué au Fort de Tavannes.
Blessé. Evacué. Passé près de la Mort. Sauvé. Mort en sursis. Jusqu’à la prochaine fois…Et l’heure précise : « midi
».
Arrivé le soir à Bar-Le-Duc
Hôpital d’évacuation n°20/2
Le 17, embarqué dans le train sanitaire. Destination Coulommiers (Seine et Marne)
À l’abri pour un temps.
Le 17, soir, arrivé à Coulommiers (Seine et Marne). Hôpital N°33, salle 2.
Il note scrupuleusement les coordonnées précises de l’hôpital. Comme s’il attendait une improbable visite ou pour les ancrer à
jamais dans sa mémoire.
Le 22, en traitement pour les oreillons.
Juillet 1916
Le 22, sorti de l’hôpital avec convalescence de 20 jours.
Arrivé à Toulouse le 24.
Retrouver la réalité quotidienne. Faire comme « avant », se demander quand cela se terminera-t-il.
Reparti le 12 août pour le Front.
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Publié dans : Carnet de route
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