Lundi 9 juin 2008
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Par PAT DE BIGORRE
CARNET DE ROUTE
PRESENTATION
Avant toute chose, je remercie mon oncle, Maurice FORT.
Infatigable gardien de la mémoire familiale, sans lui ce texte n’existerait pas.
En me transmettant ce document précieux que je vous propose, le carnet de route tenu par mon arrière-grand-père durant les années
1914 à 1916, il m’a offert un cadeau précieux et d’une valeur inestimable.
Je remercie également mon père qui, par ses précieuses anecdotes, m’a permis de dissiper les dernières ombres de doutes, a dépoussiéré
mes souvenirs en leur rendant la vie.
Mettre en ligne ce « Carnet de route » est pour moi très émouvant.
Au départ, je souhaitais le présenter tel quel, je voulais ne rien ajouter pour ne rien défigurer. Je ne voulais pas m’immiscer dans
son témoignage.
Mes assertions n’ont pour but que de compléter ce qu’il écrit et de dialoguer ainsi avec lui.
Je n'ai rien modifié, juste corrigé quelques fautes. J'ai voulu le laisser tel quel, avec sa force à l'état brut.
Mon arrière-grand-père a noté tous les événements journaliers qui jalonnaient ce monstrueux conflit dans lequel "on" l'avait
plongé. Je l'ai suivi ligne après ligne, mois après mois.
Derrière la brièveté des mots, la concision des phrases, la justesse de la ponctuation, j'ai découvert tous les non-dits.
1914-2008.
Lui dans la boue des tranchées, moi devant mon clavier.
Lui se reposant brièvement, avant de repartir côtoyer la mort ; moi, assis confortablement devant l’écran de mon ordinateur,
retranscrivant ce carnet, respectueux et surtout reconnaissant.
Car entre les lignes de ce carnet se dessinent le courage, l’angoisse, la peur, la révolte, la reconnaissance, la solidarité, la rage
de vivre, la colère…
Jean-Marie FORT parle au nom de tous ceux qui ne sont pas revenus, qui ont eu leur vie brisée, leur « gueule-cassée ». En écrivant ce
carnet, il n’aurait jamais imaginé que, 84 ans après, son arrière-petit-fils, humble transmetteur, prolongerait sa parole pour la figer dans l’éternité.
Et cette pensée en lisant ce carnet : « aurais-je eu son courage si j’avais été sa place ? »
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Publié dans : Carnet de route
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