Mardi 30 juin 2009
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Par PAT DE BIGORRE
CAGOT !
Découvrez un extrait de " Cagot !", nouvelle que vous pourrez découvrir dans mon futur recueil
:
"Le sang des chaînes"
à paraître au mois de septembre 2009 aux Editions Le Solitaire
« CAGOT ! »
" 1.
Fuir.
Coûte que coûte.
Me frayer un passage à travers les branches épaisses, ignorer les griffures des ronces, oublier les morsures
des buissons épineux.
Surtout ne jamais me retourner pour voir s’ « ils » arrivent.
Chaque seconde est précieuse.
Aucun calcul.
M’enfoncer le plus loin possible dans la forêt, pour mettre la plus grande distance entre « eux » et « moi
».
Traverser les ruisseaux pour que les chiens perdent ma trace, serrer les dents au contact de l’eau glacée,
ne plus penser à mes pieds ensanglantés.
Oublier ce froid qui me saisit. Oublier cette soif qui me brûle. Oublier cette douleur qui m’enflamme la
poitrine. Oublier la peur surtout.
Puiser au plus profond de moi cette rage qui accélère la cadence de ma course.
S’ils me trouvent, ils me tueront. Je n’ai aucune illusion sur le sort qu’ils me
réserveront.
Les chiens excités par l’odeur du sang qui coule de ma chemise en lin grossier, planteront leurs crocs sur
toutes les parties de mon corps déjà mort.
J’imagine mes poursuivants, goguenards, observant la scène. Ils s’appuient sur leurs haches pour reprendre
leur souffle ; brassent l’air avec leurs bêches, doloires et gourdins pour m’effrayer.
Ils discutent entre eux pour décider à quel arbre me pendre. Le seul point de désaccord. Ils se passent
leurs outres et s’essuient la bouche du revers de la main après avoir laissé couler au fonds de leur gorge ce vin aigre.
Je n’ai aucune pitié à attendre d’eux. Ils ne me laisseront pas m’expliquer.
J’ai tort et ils ont raison.
Je ne suis qu’un sale cagot et je me suis battu avec eux, voilà près d’une heure.
Moi, l’impur, j’appartiens à cette race maudite. J’ai osé lever la main sur « eux ».
Las des insultes, des brimades et des vexations, j’ai relevé la tête et les affronter, sans baisser les
yeux. J’ai sondé leurs âmes et n’y ai lu que du mépris. Et surtout de la haine.
J’ai refusé de courber l’échine pour l’énième fois et toute ma fureur contenue depuis des années s’est
libérée dans une violence sourde. Pour moi, pour nous, pour mes aïeux. "
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Publié dans : Cagot !
Pas de "s" à fond, me semble-t-il
"au fonds de leur gorge"
Amitiés
Bonjour Robert et merci pour ta lecture attentive !
Je me suis précipité sur "le sang des chaînes" et soulagé, j'ai découvert que cette faute n'y était pas...OUF ! merci mon éditeur !
Je te souhaite une excellente année 2011 : le meilleur dans tous les domaines !
Amitiés,
PAT
Ce sont mes recherches généalogiques qui ont ouvert le chemin qui m'a mené vers cette certitude.La lecture du livre de Francisque MICHEL "les races maudites de France et d' Espagne"évoque page 114: Marie de SAMACOÏTS habitant Sallaberry Agote,et mes actes d'état civil ou l'on retrouve toujours ce mot :Agot ma grand-mère est une SAMACOÏTS ,papa détenait un document où l'on pouvait voir les stèles de la famille ce qui a ponctué ceci.
Parce que j'étais a la recherche de mes racines!Je n'espère plus qu'une chose pouvoir un jour marcher sur leurs pas,voir la demeure familiale.Avant la fin.
Bien a vous.
Maryline
Bonjour Maryline et merci pour toutes vos précisions passionnantes. j'ai dévoré l'ouvrage que vous citez et qui va a permis d'entreprendre vos recherches. savoir d'où l'on vient permet de savoir où l'on va. Et en remontant à la source, à vos origines, j'imagine votre enthousiasme à mener cette quête.
Je vous souhaite de marcher sur leurs pas. Ils seront là, avec vous. Et j'espère également que la demeure familiale vous livrera ses secrets. Salaberry Agote est au pays basque il me semble, près d'Isturits je crois.
Je vous souhaite, Maryline, une excellente fête de fin d'année.
Bien à vous et cordialement,
PATRICK
Si vous saviez comme je suis fière d'être descendante des cagots!!
Merci pour ce texte!!leur sang coule dans mes veines!
Vous avez raison d'être fière ! et merci pour votre commentaire ?
Vous êtes descendante des cagôts ! pourriez vous m'en dire plus ?
Cordialement,
Patrick
Merci encore Delphine pour tes compliments et cet engouement !
Le prix que tu as reçu pour "La Lettre" est amplement mérité. Je t'embrasse. A très bientôt.
Je t'embrasse.
A TRES BIENTÔT !!!
merci pour ton commentaire et ta lecture toujours avisée !
Mais j'élève la voix au nom du peuple pour réclamer des explications ! Qui sont ces Cagots ! Tu nous dois bien ca ! Je me refuse à cliquer Google pour avoir des explications ! Lecteurs de Patrick Fort à l'image des cagots de sa nouvelle, montons ensemble la rue principale pour aller devant chez Patrick et lui reclamer notre du !
(Rire)
Thierry
amitié.
Bien amicalement et admirativement,
Christian
Amitiés.
En un récit court mais intense,la fin se déroule. Marie est là!
Solidarité de tous même de villageois et fierté de la mère: son fils n'a pas failli à son devoir.
C'est puissant, un concentré d'émotions et d'actions et toujours cette emprise du texte sur le lecteur, ressenti à chaque nouveau texte!
J'aime te lire, Pat, c'est tout!Tu m'emmènes où tu veux!
Au plaisir de vous lire :)!
La belle Marie au grand coeur défend les misérables cagots, ainsi que le village.
La force de l'union peut changer les choses.
L'auteur nous plonge dans cette attente, lourde de conséquences.
En écrivant cette merveilleuse nouvelle, Pat a incité ma curiosité pour me renseigner sur cette époque tragique, afin d'avoir une meilleure connaissance des cagots.
Encore une grande leçon d'humanisme de la part de l'auteur, dont les mots crient cette révolte, contre l'injustice.
Amitié.
dédé.
Une touche de vrai pour cette nouvelle que j'aime beaucoup
Thierry
Je m'empresse d'aller découvrir la suite en final.
cordialement,
PAT
Encore une belle séance de régénération avec la nature, vite, vite , avant la fin, sa fin!Se gorger une dernière fois de la beauté de la nature! Qu'importe le reste!
lubesac le 04/06/2008 à 18h46
Sa famille étant prise en otage, le destin de ce pauvre cagot semble fixé.
Avant de se rendre, l'homme apprécie une dernière fois cette nature si belle qui l'entoure.
L'auteur décrit cette dernière avec beaucoup de poésie. Rebelle à la bêtise humaine, il redonne à l'homme traqué, toute la dignité qu'il mérite.
Amitié.
dédé.
Respect
Thierry
Amitié et merci encore.
PS : la suite va arriver...
ta fable est un exemple, écrite avec l'humus du pays.
ta 5e partie est vivement attendue.
Je suis toujours saisi par cette faculté peu commune, au fil de ta plume, de camper le désarroi et la rage de survie de cet homme traqué mais révolté. Et il prend une singulière dimension, ici, dans cette grotte-caverne des retours (avec de surcroît l'arrivée finae du père). Comme Thierry, je vois pointer ici "in fine" une très grande nouvelle. Et donc... la suite!!!
Amitiés.
Très fort ceci! C'est du Patrick Fort! (excuse moi, c'est venu tout seul!)
Cette nouvelle dénonce avec force, les traitements infâmes infligés à des minorités.
L'incompréhension de cette acharnement, dégoûte l'homme traqué, dans une rage de vie et de mort.
Malheureusement, ces discriminations qui conduisent à des génocides sont toujours d'actualité.
A travers ce texte, Pat crie sa révolte, avec la richesse de ses mots.
Amitié.
dédé.
Je retrouve avec plaisir dans cette nouvelle la force de Grau de Gandia et je suis enthousiaste.
Thierry
petite Marie le 31/05/2008 à 22h47
Merci marie. toujours à me lire et toujours ta gentillesse en prime.
Amitiés.
Christian
Amitiés.
Là, comme le cagot, il se régénère sans doute !, couché sur le sol, les bras en croix.Sa différence, à Pat, c'est sa communion avec la nature.
A travers ce très joli texte, l'auteur décrit cette chasse à l'homme d'une manière saisissante. La précision des mots pour la survie de cet être traqué, est d'une force instinctive.
Chaque phrase démontre l'amour que porte Pat pour la vie et pour la nature. Il ne supporte pas l'injustice et la cruauté des hommes.
Amitié.
dédé.
C'est de l'identité qu'est née la différence (Heinz Pagels) merci pour cette histoire où l'instinct de survie est palpable, je m'en vais de ce pas découvrir la 4ème partie, passe une bonne soirée
merci encore pour ta visite et j'espère que la suite de "cagôt" t'aura plu autant.
bonne fin d'après-midi.
merci Marie pour ton assiduité et ton amitié.
et fier que cette nouvelle te plaise.
Amitiés.
Merci christian pour ton compliment et l'éclairage que tu apportes à ma nouvelle nouvelle.
Amitiés.
Assez palpitant en effet, ça donne envie de continuer la lecture. N'est-ce-pas là le plus important pour un récit. J'attends donc avec impatience d'être averti de la suite dans la prochaine newsletter
Tu nous tranportes dans ce village avec intelligence. Nous voilà confrontés avec un problème tout aussi actuel qu'humain (Afrique du Sud ces derniers jours). Magnifique.
P.S. la longueur de la deuxième n'enlève rien au rythme mais je persiste à penser que des articles courts sont meilleurs. Toutefois, il est certain qu'il est important dans bien des cas de maintenir une longueur qui n'endommage pas l'intrigue et le rythme.
amitié.
Beau combat (non, bien sùr je ne les aime pas!), beau récit serait plus juste et au milieu apparait la salvatrice Marie.Cet Arnaud a un coeur de poète puiqu'il sent la caresse de l'herbe humide et voit le ciel bleu dans un corps de bête traquée
Tout est précis, net, "coloré" et dans chaque morceau de phrase est toute une histoire.
L'auteur nous relate cette époque où la discrimination était fondée sur la peur du malade impur (lèpre).
Le texte est très édifiant sur ce rejet grave que subissait le "cagot".
Amitié.
dédé.
ddlaplume le 11/09/2008 à 08h40
Cette fuite désespérée et douloureuse d'un "intouchable" est décrite avec justesse.
Dés les premières lignes, l'auteur interpelle notre curiosité, dans cette action qui semble vitale pour le fuyard.
Amitié.
dédé.
Cà commence bien! Tout de suite dans l'action et , ce que j'aime bien, dans un autre temps!Je suis en plein dans l'ambiance et cours avec ce pauvre cagot, ce réprouvé!Et les autres s'amusent à jouer avec lui, comme le chat avec la souris
merci pour ta fidélité et tes commentaires si pertinents.
je t'embrasse,
PAT
Enfin cette nouvelle des cageots.
Elle commence bien et je regrette déjà un petit glossaire (sourire)
What is doloire ? Who are cageots ?
(J'ai oublié pour les cageots et la doloire je ne sais absolument pas ce que c'est...)
Amitié
Thierry
P.S. le format adopté pour la première partie est excellent, un texte cours qui ne décourage pas le lecteur et qui invite à la suite. Il me faut m'en inspirer, parfois mes textes sont beaucoup trop long en 1 article et lorsque je consulte mes statistiques, je vois bien qu'on ne peux lire un article de cette taille en 1:26 mn. (rire)
Tu as raison, le format et la longueur des textes est problématique sur Internet...je m'arrache les cheveux à essayer de le résoudre mais me refuse à saucissonner mes textes.
le glossaire...je pense que j'en ajouterai un...
Amitié.
je dois rattraper mon retard et te lire.
mais tu écris avec frénésie et il me faudra plusieurs jours...