Vendredi 16 mai 2008
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Par PAT DE BIGORRE
LA CÔTELETTE ET AUTRES ANECDOTES
II. LE CABANON
Je ne dévoilerais rien d’irrévérencieux, ne ternirais pas sa mémoire, ne serais pas traduit en conseil de famille si je vous révèle le
secret suivant : mon arrière grand père appréciait d’être tranquille et loin des autres lorsqu’il satisfaisait à un besoin naturel.
Aussi, maçon ingénieux, il s’était construit « son » chalet de nécessité, au fonds du jardin, à l’arrière de ce qu’il appelait « son
cabanon ». Ce cabanon n’en était pas vraiment un. Il courrait le long du mur sur une dizaine de mètres et servait de dortoir à ses dix sept chats. Il y entreposait un nombre incroyable d’objets
divers et aurait pu installer un vide-grenier devant sa maison.
Un trou dans la terre meuble creusé en deux temps trois mouvements, une chape de ciment, une lunette posée dessus et le palace lui
ouvrait ses portes. Il avait installé un loquet. Au cas où.
Lorsqu’il s’y rendait, il y restait longtemps. Y lisant son journal peut-être, y méditant assurément. J’ai une idée sur ce qu’il pouvait
y faire mais n’ai aucune explication rationnelle quant à la longueur du temps qu’il y passait. Lorsqu’on le cherchait, on avait de grandes chances de le trouver dans son cabanon.
Dans les Hautes-Pyrénées, les tremblements de terre sont fréquents. Les entrailles de la montagne nous envoient peut-être un signal pour
nous reprocher la grande application que nous mettons à détruire la nature. Mais ce n’est que mon avis et les géologues vous l’expliqueront mieux et plus objectivement que moi.
A la fin des années soixante-dix, un séisme particulièrement violent eut lieu. 6,5 sur l’échelle de Richter. Peu de dégâts mais très
impressionnant.
Mon oncle Maurice, habitant à côté de la maison de mes arrières grands-parents s’était précipité à l’extérieur pour s’enquérir d’eux et
vérifier que tout allait bien.
Ma mémé le rassura mais fut incapable de lui dire où se trouvait mon pépé. Et voilà Maurice parcourant le jardin, appelant Jean-Marie,
imaginant qu’il lui était arrivé quelque chose, s’inquiétant d’un malaise ou d’une chute. Craignant le pire.
« Pépé ! Pépé ! Pépé ! »
Aucune réponse.
« Pépé ! Pépé ! Pépé ! »
Rien.
Maurice commence à s’affoler lorsqu’une voix lui répond :
« Je suis là !
- Où ?
- Au « cabanon ».
- Ça va ?
- NON !!!
- Qu’est ce qu’il t’arrive ?
- UN ESPRIT FRAPPEUR VIENT DE ME SECOUER LE CHIOTTE !
Les géologues vous donneront une explication plus scientifique. Ils sont payés pour ça.
Ils vous diront par exemple qu’« un tremblement de terre, ou séisme, résulte de la libération brusque d'énergie accumulée par les
déplacements et les frictions des différentes plaques de la croûte terrestre (phénomènes regroupés sous le nom de tectonique des plaques) ». Mais lorsque l’on vous demandera de dire à votre tour
ce qu’est un tremblement de terre, même si vous connaissez la réponse car vous l’avez lue ou entendue avant, vous n’arriverez pas à vous souvenir de tout.
Aussi, je préfère largement l’explication de mon pépé.
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