Pour prolonger "Je sais que tu te méfies des rêves"
NOTES, OEUVRES ET BIBLIOGRAPHIE
En écrivant« Je sais que tu te méfies des rêves », je n’avais qu’une ambition modeste
et humble : rendre hommage au romantisme allemand que j’ai découvert voilà près de vingt ans. Cette période me passionne et ma démarche était surtout de prendre du plaisir à l’évoquer. Je me suis heurté vite à une grande difficulté : Comment combiner la fiction sans l’appesantir de connaissances et ne pas ainsi risquer de sombrer
dans un mauvais cours de littérature, pédant et ennuyeux ? J’espère ne pas avoir donné cette impression. Pour cette même raison, j’ai pris le parti de ne pas alourdir ce récit de notes comme j’en avais l’intention au départ. Je me suis en effet assez vite aperçu que dix pages de notes étaient
fastidieuses et m’auraient détourné de ma motivation première : vous inviter à découvrir ce mouvement littéraire, riche, passionnant et aux résonances si actuelles. Autre élément important à
savoir ce mouvement ne s'est pas résumé à la littérature et concernait tous les domaines (philosophie, peinture, sculpture, philologie, sciences, politique...) Une dernière précision, toutes les phrases en italique ou entre
guillemets sont tirées de la correspondance et des textes de Bettina von Arnim, Achim von Arnim et Wilhem Grimm et n’ont donc pas été « inventées ».
J’ai centré ma nouvelle sur la personnalité secrète et fascinante d’Achim Von Arnim, celui qu’Albert Beguin qualifiait si justement d’ «
étoile polaire » du romantisme allemand. Moins connus
que ceux d’Hoffmann, ses contes (Isabelle d’Egypte, Les héritiers du Majorat…) sont d’une froideur inquiétante et mériteraient d’être redécouverts. Son texte « Histoire et poésie », daté de 1817, annonce Rimbaud, le
surréalisme. Seule la poésie est connaissance totale
et le poète est un "voyant" (c'est le mot même qu'emploie Achim von Arnim bien avant Rimbaud).
Si certaines et certains souhaitent aller au-delà et prolonger la lecture de « Je sais que tu te méfies des rêves », je me bornerai juste
à vous indiquer ici quelques pistes bibliographiques et textes majeurs. Cette liste est bien entendu personnelle et en rien exhaustive.
Les œuvres :
L’indispensable : « Le romantisme allemand », anthologie établie par Armel Guerne, Phébus Libretto
Présentation de l'ouvrage Publiée en 1963 sous la direction inspirée d’Armel Guerne, jamais réimprimée, cette stèle mythique manquait à tous les amoureux du Romantisme
allemand. Hölderlin, Jean-Paul, Tieck, Novalis, les
frères Schlegel, Brentano, Chamiso, Hoffmann, La Motte-Fouqué, Kleist, Arnim – soit les plus grands – sont bien sûr ici sur le devant de la scène, représentés chacun par un ou plusieurs de leurs
textes majeurs. Mais l’on découvrira aussi quelques-uns de leurs compagnons injustement oubliés – Wackenroder, Contessa, Bettina Brentano von Arnim, et la touchante Caroline von Günderode (la
suicidée des bords du Rhin) –, lesquels furent eux aussi caressées par l’aile de l’ange. Sans oublier le cortège des romantiques dits tardifs, où brillent encore plusieurs inoubliables :
Eichendorff, Büchner, Grabbe, Mörike… Un florilège
unique en notre langue, tant par son abondance que par la qualité des traductions retenues – notamment celles d’Albert Béguin et de Guerne lui-même.
Les Romantiques Allemands, 2 tomes, Edition La Pléiade (plus onéreux et le plus
complet)
Achim von Arnim : Isabelle d'Egypte et autres contes, Gallimard/Folio Bonaventura : Les Veilles, Editions José Corti Clemens Brentano : Histoire du brave Gaspard et de la belle Annette,
Mercure de France/Petit mercure Adalbert von Chamisso
: Peter Schlemil, Librio Joseph von Eichendorff :
Scènes de la vie d'un propre à rien, Gallimard/Folio bilingue E. T. A. Hoffmann, Contes fantastiques, 3 tomes, Garnier-Flammarion Jacob et Wilhelm Grimm : Contes, Gallimard/Folio H. F. La Motte Fouqué : Ondine, Editions José Corti Heinrich von Kleist : La marquise d’O et autres nouvelles ; Michel Kohlhaas,
Garnier-Flammarion Novalis : Henri d'Ofterdingen,
Garnier-Flammarion Friedrich Schlegel : Lucinde,
Aubier/Bilingue Ludwig Tiek : Amour et Magie,
Editions José Corti
Les essais :
ANGELLOZ J.F : Le romantisme allemand, Collection « Que sais-je ? » Philippe BOYER : Le romantisme allemand, Ma – Collection « Le monde de
» Albert BEGUIN : L’âme romantique et le rêve,
Biblio/essai Pierre PEJU : Lignes de vie : récits et
existence chez les romantiques allemands, Corti/Domaine romantique Marcel BRION : L'Allemagne romantique, deux tomes, Albin Michel Daniel Wilhem : Romantiques allemands, Seuil/Microcosme
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