Samedi 23 février 2008
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14:18
Par PAT DE BIGORRE
POURQUOI ECRIRE ?
POUR LE PLAISIR DE RACONTER...
Si j’écris avant toute chose, c’est surtout pour le plaisir de raconter.
Ma démarche est principalement motivée par ma passion à inventer des histoires, à évoquer des souvenirs, à aborder des sujets qui me
tiennent à cœur et à procurer du plaisir à ceux qui me font l’honneur et le bonheur de me lire.
Je n’écris pas pour être publié, connaître le succès, recevoir des compliments et flatter ainsi mon ego.
Raconter, raconter et encore raconter.
Du mieux possible, en écrivant le mieux possible, en travaillant mon style, en m’améliorant, avec comme exigeance de toujours mieux
dire.
Je ne crois pas en l’inspiration divine, au flash lumineux qui vous donne l’idée suprême.
Chacune de mes nouvelles, chacun de mes textes a une histoire, une chronologie dans l’écriture qui lui est propre.
Elle est passée par un travail de maturation indispensable, des lectures, des recherches.
Et un jour, sans que je sache pourquoi, je commence à écrire.
La question est là. Dans ce passage à l'acte. Pourquoi aujourd'hui et pas hier ou demain.
Je ne prends jamais de notes. Tout est dans mon crâne.
D’autres font l’inverse, agissent différement.
L’écriture en cela est mystérieuse.
Elle ne participe d’aucune règle canonique mais plutôt de méthodes propres à chacun. Le tout est de trouver son propre rythme, sa
propre respiration. Certains préfèrent écrire le matin, d’autres le soir. D’autres encore l’après-midi.
« La lettre » est la première nouvelle que j’ai
écrite. Son cheminement est complexe. L’idée est venue d’un séjour en Normandie. J’avais commencé à l’écrire mais je sentais qu’il manquait quelque chose. Alors je suis commencé "Et cum spiritu tuo", la première aventure de ce cher "Jacques Gilbert". Je suis reparti en Normandie et le hasard
d’une rencontre m’a ouvert les yeux. J’ai su pourquoi je ne l’avais pas achevée et à mon retour, j’ai terminé « La lettre » en quelques heures.
« Grau de Gandia », je la portais en moi depuis
longtemps. Son sujet, la guerre d’Espagne, me passionne depuis longtemps et m’interpelle pour des raisons personnelles. Et là aussi, mystère de la création, je l’ai écrite en une semaine, sans
difficulté majeure.
La nouvelle sur les cagots que je suis en train d’écrire, j’y pense depuis longtemps, plusieurs années même. Mais je suis incapable de
vous dire pourquoi son écriture a débuté depuis deux jours.
Rien dans ce que j’écris n’est calculé, adapté aux préférences ou aux envies de mes lecteurs.
J'écris et je mets en ligne selon mes envies, mes humeurs. Jamais autrement.
Certains textes viennent d’un rêve, d’une conversation, parfois d’une phrase entendue ou prononcée et qui n’a aucun rapport.
"Villa ‘Laisse Dire’" est un texte sur mon
arrière-grand père qui me trottait dans la tête depuis longtemps. Un souvenir a été l’élément déclencheur et je suis heureux d’avoir été écrit ce texte.
Aimer raconter est la principale explication que j’avance pour expliquer ma passion d'écrire.
Je n’aime pas parler de moi mais plutôt dire ma façon de voir le monde.
J'ai ainsi la prétention de croire que l'on devinera peut-être ainsi qui je suis, derrière mes mots, mes phrases, mes paragraphes, mes
"histoires".
J’essaie toujours de donner, modestement, une résonance autre que celle de mes propres souvenirs dans des textes plus personnels, comme
"Monsieur Joseph" ou "Jo" par
exemple.
La curiosité dans l’écriture est qu’une fois écrits vos textes ne vous appartiennent plus.
Ils sont à « l’autre » et vont commencer à vivre par eux-mêmes.
Je relis rarement ce que j’ai écrit après impression et mise en ligne.
J’éprouve souvent le sentiment étrange que je n’en suis pas l’auteur ou que j'ai mal dit ce que je voulais dire.
Toute écriture a en elle une part de schizophrénie. Se mettre dans la tête de personnages que l’on invente est une aventure exaltante
mais un peu effrayante.
Personne ne me dira le contraire.
Toute acte d’écriture, même contrôlée, vous échappe toujours un peu.
J’en suis persuadé.
En écrivant, vous regardez évoluer vos écrits. Au début d’une nouvelle, je sais très rarement comment elle va se terminer. Parfois, je
n’en ai même aucune idée. Puis, tout se met en place progressivement et la fin devient alors évidente. Les personnages me dictent l’histoire. Tout s’ordonne et s’organise alors
étrangement.
Certains écrivent un plan détaillé.
J’en suis incapable.
Au départ, je n’ai qu’une idée, qu’une trame. Et l’écriture fait son œuvre.
Tout vient du plaisir à raconter et à partager les sentiments que l’on veut faire passer. En écrivant Jacques Gilbert, je ris souvent. Ce qui en soit n’est pas si mal me direz-vous peut-être. Lors de la rédaction des
« Illuminations féeriques », j’étais submergé par l’émotion ; « Grau de Gandia » terminé, j’étais épuisé et je n’ai pas pu écrire pendant 2 semaines et la fin de « La lettre » m’a attristé par le sort réservé à mon héroïne.
Car en écrivant, et c’est aussi quelque chose d’étrange, d’acteur on finit par devenir spectateur.
Pourquoi écrire ?
Pour raconter surtout des histoires aux autres mais aussi finalement à soi-même .
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