Vendredi 13 février 2009
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16:10
Par PAT DE BIGORRE
Sandy, la littérature et les blogs
(message de Sandy)
(message de Sandy)
Bonjour Pat,
Vu de mes 6 mois de présence dans la blogomare, je souhaitais apporter mon avis, si tu le permets, suite à cet article, que j’ai déjà lu ici-même et dont j’ai retrouvé la mention sur le site de Thierry Benquey et sur Face Book.
Comme tu le fais si bien remarquer, la littérature et la blogosphère ont des relations pour le moins étranges : « Je t’aime moi, non plus ! ».
D’un côté, un formidable outil de partage et de communication et de l’autre, une myriade de solitaires, cachés derrière leurs écrans mais tellement désireux de sortir de leur isolement.
Au milieu, des espaces où on leur propose d’échanger leurs visions, de s’entraider dans la création et pourquoi pas, de partir dans de belles aventures… à croire que ces propositions ont des relents de bal de célibataires « fin de race », nombreux sont ceux qui préfèrent « faire tapisserie » assis sur un banc.
Plus loin, les « autres », les lecteurs potentiels, ceux pour qui nos scribes modernes tapotent.
La rencontre de tout ce petit monde me semble bien difficile sans tout l’art d’une entremetteuse aguerrie …
Il faut avouer que la mariée n’est pas tellement affriolante :
- on préfère encore toucher, palper de la matière papetière plutôt que fantasmer sur du pixel… j’avoue, je suis de la première catégorie mais je me soigne et je me fais violence pour lire sur un écran !
- n’oublions pas que nous sommes à l’ère du fast-food intellectuel et culturel : oui à des productions concises, non à des pavés de texte qui forceraient à se concentrer plus de 30 secondes. Tu ne te rends pas compte le temps que prend une immersion sérieuse dans un blog : sentir les vibrations, soulever le voile qui recouvre l’auteur… la mariée est trop habillée ! (je plaisante, je sais que tu visites sérieusement les espaces des autres !).
- les plateformes de création de blogs ne sont pas adaptées pour mettre en valeur tous ces mots qui se succèdent même s’ils forment les plus beaux textes. Imagine le choc du lecteur lambda qui échoue sur le blog du scribe : il est assailli par des masses de mots terrifiants… écriture… littérature…triture l’esprit ?… courage fuyons ! D’ailleurs, je n’ai pas vu de possibilité de publier sous l’en-tête « littérature » sur le portail d’over-blog… il y a « culture » à la rigueur… quoi que je suppute que « people » offrirait plus de visibilité !
- la seule catégorie qui tire bien son épingle du jeu est celle des blogs de BD… les cases colorées y sont pour quelque chose, elles captent tout de suite l’attention. Il ne manque plus que le contenu accroche le lecteur et ça roule entre eux !
Alors, lire un truc qui a une tête de thèse, il y a des limites !!!
Le scribe lui-même a tout du vieux célibataire endurci…
Il cultive son propre isolement, il veut bien que les autres viennent le visiter (faites exploser mon blog rank !) mais il n’est absolument pas dans sa mentalité de rendre la pareille que ce soit par esprit de découverte ou même par simple politesse. Le scribe est individualiste, c’est comme ça.
Cette attitude paradoxale n’empêche pas le scribe de crier à l’ignominie, au scandale, au crime d’isolement qu’il a lui-même forgé…
Pourtant, il existe de nombreuses façons de sortir de cette prison imaginaire :
- aller à la rencontre des autres en explorant leurs espaces d’écriture (je n’ai pas dit piquer un sprint sur un blog !), entrer en contact avec l’auteur par la même occasion pour mieux le connaître mais pas pour lui passer la brosse à reluire. ça se sent, c’est rédhibitoire !
- participer aux propositions d’écriture de texte sur les sites les uns des autres. C’est une expérience très enrichissante pour tous. Et ça remotive les soirs de blues et d’extrême solitude devant un écran vide ! Pour ma part, j’ai fais d’excellentes découvertes par ce biais et je me suis bien amusée à jouer le jeu par deux fois.
- s’intéresser aux projets des autres. Thierry Benquey a créé un groupe axé littérature sur Face Book (enfin, ça, tu es au courant) et a diffusé l’information autour de lui. Ce groupe compte 17 membres… assez silencieux… par rapport au potentiel de scribes solitaires, ça laisse rêveur.
Je suis peut-être idéaliste (ou je n’y connais rien) mais je pense qu’avant d’écrire – ce qui est un acte intime – il faut avoir un minimum d’ouverture au monde et être animé d’un certain intérêt pour son prochain…
…quoiqu’on peut écrire sur son nombril… et en faire un best-seller avec un joli bandeau rouge et des lettres blanches qui attirent le chaland : « Mon nombril, ma vie, mon œuvre ».
Pour conclure, si le marié veut s’unir à sa promise sous les lancers de riz des lecteurs, il va falloir qu’il y mette un peu du sien.
Sinon, elle va finir par se sauver avec le témoin et le marié n’aura plus que la compagnie de son vieux clavier pour se consoler ! Bon, la souris aussi, à la rigueur…
J’arrête là, « rien ne sert de crier dans l’espace… personne ne peut nous y entendre » :o)
Amitiés,
Sandy




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