Samedi 13 décembre 2008
6
13
/12
/Déc
/2008
13:20
Par PAT DE BIGORRE
Yannick Pene, vous le connaissez déjà.Les Trois mousquetaires, DD La Plume, Thierry Benquey et Pat de Bigorre ont trouvé leur d'Artagnan. (rires)
J'avais évoqué dans un précédent article la sortie de son recueil de nouvelles "Baisse la tête, t'auras l'air d'un coureur". Une bonne idée de livre à offrir...
De ses textes se dégage toujours une profonde humanité, un respect pour les humbles, les existences modestes et les gens vrais. Servis par une écriture finement ciselée, un humour pince sans rire et un art du détail, ces nouvelles sont des bonheurs rares de lecture. Elles vous accompagnent. Longtemps.
La nostalgie, l'émotion et la compassion y côtoient le rire, les bonheurs simples de la vie et l'amitié.
Ce narrateur né, talentueux et généreux, passionné de sport et amoureux de nature, est un lecteur passionné, un dévoreur de livres à la curiosité insatiable. Il m'a offert un beau cadeau en me proposant cette pertinente chronique littéraire sur un roman phare de la littérature mondiale.
"Sur la route" de Jack Kérouac par Yannick Pene sont les ingrédients rêvés pour cette chronique brillante et jubilatoire pour les amoureux d'écriture et de lecture.
Je vous la laisse découvrir tout en remerciant à nouveau Yannick pour son partage et son amitié.
Bonne lecture !
SUR LA ROUTE
A la fin des années 1950, aux Etats-Unis, une bande de jeunes artistes va se prendre d’amour pour les voyages à
travers le continent et la vie de bohême ; alcool, drogues, liberté sexuelle, bouddhisme, rejet du conformisme, nouvelle façon d’écrire et de penser la littérature. Les beatniks étaient nés. Il
leur fallait une figure de proue, ce fut jack Kerouac, et un livre fondateur, ce fut « Sur la route ». En 1947, Jack Kerouac décide de partir en auto-stop de New-York pour Detroit, afin d’y
rejoindre un type qui a l’air extraordinaire, Neal Cassidy, un gars qui sort de maison de correction. Jack n’a jamais voyagé de la sorte et les débuts sont difficiles mais il arrivera à Detroit
et retrouvera son double cosmique, le fameux Neal. Commence alors les errances à travers les Etats-Unis et le Mexique qui sont contées dans ce livre.
Ces errances et la vie de ce nouveau groupe d’artistes, les beatniks, sont contées de manière vraie mais les mots et les phrases paraissent hallucinées, comme éclairés par la benzédrine, drogue qu’utilisent nos lascars. On reste scotché pendant tout le livre à suivre les vagabondages de ces enfants perdus de l’Amérique qui refuse le mode de vie consumériste du nouveau monde. La prose de Kerouac ressemble à une longue mélopée qui accompagnerait la transe qui habite nos deux héros pendant tout le livre, un hymne à la liberté individuelle, à la poésie, à l’art, le tout déclamé dans une complainte chantée dans la nuit cosmique de l’Amérique.
Les beatniks découvrent les drogues, le jazz et notamment le be-bop et Charlie Parker. Ils puisent dans le jazz l’amour de l’improvisation qu’ils appliquent à la littérature. Kerouac, empreint de sagesse bouddhiste, veut sa phrase libre, quitte à malmener la ponctuation. Il prétend et veut écrire d’une façon qu’il appelle « l’écriture spontanée ». Il veut écrire d’un seul souffle, exactement comme les jazzmen jouent leurs impros. La légende veut que jack ait écrit les 500 pages du livres en 3 semaines, tapant jour et nuit sur sa machine à écrire.
Il applique dans ce livre un concept bouddhiste à savoir la contemplation, et dans ce cas-là, celle des petits riens de la vie et certains passages de ce livre retranscrivent ces contemplations, faisant naître une prose qui n’avait jamais été écrite auparavant.
On pourrait parler des nuits entières autour de ce livre mais si je vous parle de ce livre, c’est que pour moi, dans ma folle jeunesse, l’œuvre de Kerouac m’a parlé : je le considérais comme un frère. Moi aussi je voulais devenir un beatnik et vivre en marge de la société. Ce n’est que plus tard, que lisant une biographie de Kerouac, j’allais apprendre que Kerouac était un fou génial, mais un fou quand même. Quiconque lit ce livre, même 50 ans après sa parution, s’en trouve changé et considèrera la vie d’une autre façon. C’est pourquoi, je conseille aux lecteurs de « Sur la route » influençables de lire aussi une biographie de Kerouac pour apprendre qui il était vraiment et pour désamorcer la bombe qu’est ce livre. En effet, « Sur la route » est un hymne à l’amitié, à la liberté et une chronique fantastique de l’Amérique de l’après-guerre.
D’ailleurs je propose au premier qui m’en fera la demande de prêter cet ouvrage par la poste, afin qu’un peu de cette liberté et d’esprit des vagabonds le pénètrent en ces temps difficiles.
Quelques petites choses pour continuer l’aventure…
"La route" de Jack London : dans ce livre London raconte ses errances de jeune vagabond sans le sou sur les trains de marchandises aux Etats-Unis ; l’on pénètre alors dans le monde des « hobos »(vagabonds aux USA) et la vie de l’Amérique au début du siècle dernier.
"Born to run" : album de 1975 de Bruce Springsteen qui se veut un roman beatnik. Il raconte l’amour de deux jeunes américains qui quittent leur vie de campagnards pour aller à la ville et ses tentations. La chanson Born to run pourrait être l’hymne des beatniks.
"L’épouvantail" : film américain de 1973 qui met en scène Al Pacino et Gene Hackman. Ce film raconte les errances de deux marginaux à travers les Etats-Unis au début des années 1970. Ce road-movie est une formidable histoire d’amitié qui peut rappeler celle de Jack et Neal.
"Sur la route", chanson de Raphael et Jean-Louis Aubert sur l’album « La réalité » de Raphael.
La poésie d’Arthur Rimbaud…
Et plein d’autres choses que j’oublie tant l’héritage de cette contre-culture est vaste.
Merci d’avoir pris le temps de me lire.
Amitiés.
Yannick
Ces errances et la vie de ce nouveau groupe d’artistes, les beatniks, sont contées de manière vraie mais les mots et les phrases paraissent hallucinées, comme éclairés par la benzédrine, drogue qu’utilisent nos lascars. On reste scotché pendant tout le livre à suivre les vagabondages de ces enfants perdus de l’Amérique qui refuse le mode de vie consumériste du nouveau monde. La prose de Kerouac ressemble à une longue mélopée qui accompagnerait la transe qui habite nos deux héros pendant tout le livre, un hymne à la liberté individuelle, à la poésie, à l’art, le tout déclamé dans une complainte chantée dans la nuit cosmique de l’Amérique.
Les beatniks découvrent les drogues, le jazz et notamment le be-bop et Charlie Parker. Ils puisent dans le jazz l’amour de l’improvisation qu’ils appliquent à la littérature. Kerouac, empreint de sagesse bouddhiste, veut sa phrase libre, quitte à malmener la ponctuation. Il prétend et veut écrire d’une façon qu’il appelle « l’écriture spontanée ». Il veut écrire d’un seul souffle, exactement comme les jazzmen jouent leurs impros. La légende veut que jack ait écrit les 500 pages du livres en 3 semaines, tapant jour et nuit sur sa machine à écrire.
Il applique dans ce livre un concept bouddhiste à savoir la contemplation, et dans ce cas-là, celle des petits riens de la vie et certains passages de ce livre retranscrivent ces contemplations, faisant naître une prose qui n’avait jamais été écrite auparavant.
On pourrait parler des nuits entières autour de ce livre mais si je vous parle de ce livre, c’est que pour moi, dans ma folle jeunesse, l’œuvre de Kerouac m’a parlé : je le considérais comme un frère. Moi aussi je voulais devenir un beatnik et vivre en marge de la société. Ce n’est que plus tard, que lisant une biographie de Kerouac, j’allais apprendre que Kerouac était un fou génial, mais un fou quand même. Quiconque lit ce livre, même 50 ans après sa parution, s’en trouve changé et considèrera la vie d’une autre façon. C’est pourquoi, je conseille aux lecteurs de « Sur la route » influençables de lire aussi une biographie de Kerouac pour apprendre qui il était vraiment et pour désamorcer la bombe qu’est ce livre. En effet, « Sur la route » est un hymne à l’amitié, à la liberté et une chronique fantastique de l’Amérique de l’après-guerre.
D’ailleurs je propose au premier qui m’en fera la demande de prêter cet ouvrage par la poste, afin qu’un peu de cette liberté et d’esprit des vagabonds le pénètrent en ces temps difficiles.
Quelques petites choses pour continuer l’aventure…
"La route" de Jack London : dans ce livre London raconte ses errances de jeune vagabond sans le sou sur les trains de marchandises aux Etats-Unis ; l’on pénètre alors dans le monde des « hobos »(vagabonds aux USA) et la vie de l’Amérique au début du siècle dernier.
"Born to run" : album de 1975 de Bruce Springsteen qui se veut un roman beatnik. Il raconte l’amour de deux jeunes américains qui quittent leur vie de campagnards pour aller à la ville et ses tentations. La chanson Born to run pourrait être l’hymne des beatniks.
"L’épouvantail" : film américain de 1973 qui met en scène Al Pacino et Gene Hackman. Ce film raconte les errances de deux marginaux à travers les Etats-Unis au début des années 1970. Ce road-movie est une formidable histoire d’amitié qui peut rappeler celle de Jack et Neal.
"Sur la route", chanson de Raphael et Jean-Louis Aubert sur l’album « La réalité » de Raphael.
La poésie d’Arthur Rimbaud…
Et plein d’autres choses que j’oublie tant l’héritage de cette contre-culture est vaste.
Merci d’avoir pris le temps de me lire.
Amitiés.
Yannick




Derniers Commentaires